Bujumbura : L’Aïd-el Fitri gâchée par les inondations
Partage
Les musulmans célèbrent ce mercredi 10 avril 2024, la fête de la rupture du jeûne marquant la fin du Ramadan. Néanmoins, dans certains quartiers de Bujumbura, les inondations n’ont pas facilité cette célébration.

« On ne sait pas quoi dire. On s’est réveillé dans l’eau. Dans ma maison, tout a été inondé. Je l’ai constaté quand je me suis réveillé pour me préparer à la prière collective. Et je me suis mis à me débarrasser de ces eaux, en vain. Finalement, j’ai ratée cette prière beaucoup très importante », se lamente Issa, un musulman de Buterere, joint par téléphone.

Il signale que même les quelques produits alimentaires comme le riz, les tomates, et autres ingrédients qu’il avait acheté pour la fête, ont été inondés, abîmés. « Là, je suis obligé de débourser une autre somme et retourner au marché, une fois, les routes redevenues praticables. Pour le moment, on attend ».

Selon lui, ces inondations sont liées aux crues de la rivière Kinyankonge qui se déversent dans les habitations, les rues, etc. Il précise que même un des terrains de rassemblements des musulmans, dans cette zone, a été inondé.

Situation identique à Maramvya: Abdul, un musulman de cette localité indique que c’est vers 4 heures du matin que les eaux ont envahi leurs maisons. « C’était l’alerte générale. On s’est réveillé pour essayer de bloquer l’eau, en vain. Et comme c’était le moment d’aller à la prière collective, on a opté d’abord de protéger nos familles. Allah le comprendra peut-être ».

D’après lui, c’est la rivière Mpanda qui a débordé. Sous choc, il déplore qu’il ne puisse pas amener ses enfants à la plage Safi Beach : « J’ai entendu que cette plage a été inondée suite à la montée des eaux du lac Tanganyika. D’habitude, c’est là qu’on se rendait dans l’après-midi, pour clôturer cette fête. Cette année, c’est un rendez-vous manqué ».

Le sud de Bujumbura, pas épargné

Dans les quartiers du sud de Bujumbura, là aussi, l’atmosphère n’est pas festive du tout. Que ce soit à Kanyosha, Kibenga dit rural, Gisyo,… Certains musulmans ont été bloqués chez eux par les eaux. « C’est terrible. Pendant la nuit, la rivière Kanyosha a dévié et ses eaux se sont déversées dans les maisons. Nous avons passé une nuit blanche. Vous comprendrez que c’était difficile pour nous de fêter dans ces conditions », confie un musulman, du quartier Gisyo, contacté.

D’après lui, les dégâts sont énormes : « Notre fête est gâchée. Il y a même des personnes qu’on n’a pas encore retrouvé ».

Contactée, Madame Dévote Ndayisenga, administrateur de Muha affirme qu’il y a plusieurs dégâts matériels et humains : « Il y a un enfant qu’on n’a pas encore retrouvé. Les chances de le repêcher encore en vie sont minimes ».

Jointe par téléphone, elle ajoute qu’un autre enfant a été déjà secouru et une autre personne adulte déjà évacué à l’hôpital pour des soins. Elle précise que même la rivière Muha a débordé causant plusieurs dégâts.

Des musulmans obligés de faire leur prière en pleine rue, le terrain préparé pour cette cérémonie étant inondé

Des malheurs qui devaient inciter à l’introspection, selon Hassan Nyamweru, représentant du Conseil supérieur des sheikhs au Burundi. « Toutes ces calamités, tous ces malheurs qui s’abattent sur nous, Dieu ne peut pas nous en préserver si vous ne changez pas et si vous vous éloignez des péchés. Il est grand temps que tout individu s’autoévalue et change de comportement », a-t-il conseillé, lors de la prière au terrain de la COMIBU de Nyakabiga.

Ici, il faisait allusion à ces inondations récurrentes et à la cherté de la vie. « Le Coran nous dit qu’il ne peut y avoir de miséricorde sans que nous ne soyons pas unis », a-t-il prêché.

Par  Rénovat Ndabashinze  (Iwacu)