AU SECOURS ! Notre enquête exclusive révèle que le réseau Suguru, tel un cancer agressif, a désormais infiltré le comité de pilotage du projet PRETE-NYUNGANIRA, ce remède censé guérir l’économie burundaise. La métastase est systémique. Seule une intervention chirurgicale urgente et radicale peut encore éviter la mort clinique de notre économie. Le temps du diagnostic est révolu ; celui de l’action héroïque a sonné. Une décision immédiate s’impose pour sauver le pays d’un prédateur qui, lui, ne connaît pas de crise.
La saga Suguru, que l’on croyait enterrée avec les bilans de 2025, renaît de ses cendres avec une vigueur macabre. Notre série d’enquêtes a déjà disséqué le modus operandi de cet honorable député, architecte d’un empire financier tentaculaire où conflits d’intérêts et montages opaques sont élevés au rang d’art de gouvernance. De la banque familiale (BGF) aux commandes des régies d’État, l’homme a méthodiquement saigné les institutions – à commencer par la BANCOBU et ses 120 milliards de FBU évaporés –, laissant derrière lui une traînée de dettes astronomiques et de crédulité abusée.
Aujourd’hui, notre source jette une lumière crue sur l’acte le plus audacieux de cette tragédie en plusieurs parties : l’infiltration totale du Projet pour l’Emploi et la Transformation de l’Économie (PRETE-NYUNGANIRA). Lancé en grande pompe en 2024 par Son Excellence le Président de la République et soutenu à hauteur de 100 millions de dollars par la Banque Mondiale, ce projet est censé être le fer de lance de la renaissance économique, un remède à l’hémorragie des emplois et un souffle pour les petites entreprises. Habemus papam financier : le vice-président de son comité directeur n’est autre qu’Olivier SUGURU, décret en poche !
L’ironie est cruelle, digne d’un scénario où le renard est nommé gardien du poulailler. L’homme qui a siphonné la BANCOBU, qui a présidé l’Office Burundi des Recettes (OBR) tout en pilotant la société de cosmétiques SAVONOR – société ayant bénéficié de congés fiscaux sur base d’importations de matières premières fictives, comme nous le révélerons prochainement –, se voit aujourd’hui confier les clés du coffre-fort destiné à guérir l’économie qu’il a contribué à affaiblir. Cui bono ? À qui profite ce crime ? Tandis que la REGIDESO a perdu des centaines de milliards de francs burundais dans des fournitures fantômes, le véritable fantôme, lui, siège au plus haut niveau, recyclé systématiquement dans des nouvelles fonctions à l’abri des regards.
Ce recyclage perpétuel d’une même influence interroge le courage des promesses. Le ministre des Finances, le Dr Alain NDIKUMANA, a pourtant brandi l’étendard de la bonne gouvernance et de la transformation. Mais la réalité, in situ, semble lui donner un démenti cinglant. Peut-on sérieusement prétendre assainir les finances publiques en marchant main dans la main avec celui qui les a vampirisées ? Le contraste est si violent qu’il en devient res ipsa loquitur : la chose parle d’elle-même.
Les bailleurs, eux, perdent leur latin. Comment un profil aussi entaché, un curriculum vitae aussi lourd de soupçons, peut-il être toléré au sein d’un projet financé par la communauté internationale ? Cette tolérance érode la réputation du pays et jette une ombre funeste sur l’efficacité de l’aide au développement. Chaque jour où Suguru opère en toute impunité est un coup de scalpel porté à la crédibilité du Burundi.
La Bible, dans Proverbes 28 :15, met en garde : « Comme un lion rugissant et un ours affamé, ainsi est le méchant qui domine sur un peuple pauvre. » L’allégorie est puissante. Face au prédateur qui rôde sous les ors de la fonction, l’appel à la responsabilité des plus hautes autorités devient un impératif moral et économique. Il est temps de démanteler ce réseau sans concession, pièce par pièce, avant que le mal ne devienne incurable.
Le temps des comptes rendus cliniques est révolu ; celui de la chirurgie financière immédiate a sonné. Surgit hora : le cadran de la dernière chance affiche minuit moins une. Le peuple burundais, hémorragique, et ses partenaires internationaux, en état de choc, scrutent le bloc opératoire du pouvoir, attendant non pas un signe, mais le geste salvateur qui tranchera définitivement la chaîne de transmission entre l’argent public et les poches privées. L’acte XIV de cette tragédie économique ne saurait laisser place à un quinzième épisode sans signer l’arrêt de mort du patient. La tumeur est clairement identifiée, radiographiée, échographiée : elle pompe à elle seule le flux vital de la nation. Chaque seconde de tergiversation est une artère de plus ligaturée, un milliard de plus aspiré dans le vortex métastatique. L’opération ne peut plus attendre ; c’est maintenant ou jamais qu’il faut éteindre le bistouri de l’impunité et ouvrir à la lumière ce cancer qui dévore l’avenir du pays.
Enfin, face à cette urgence nationale qui exige un courage à la hauteur du péril, nous en appelons solennellement à la plus haute conscience. Son Excellence Monsieur le Président de la République, vous seul détenez le scalpel ultime pour cette opération de salut public. Il est temps d’un geste historique, d’un décret de purification, de lui retirer tous les décrets, toutes les nominations, toutes les délégations qui, tels des vaisseaux nourriciers, alimentent cette tumeur financière. Annulez, abrogez, révoquez. Désarmez légalement le prédateur.
Cet acte, loin d’être un simple ajustement administratif, serait un signal retentissant, un tournant décisif. Il incarnerait la promesse biblique : « Le roi qui juge les pauvres avec vérité affermira son trône pour toujours » (Proverbes 29 :14). En tranchant ainsi dans le vif des réseaux, vous n’affermiriez pas seulement le trône de la justice, mais vous poseriez la première pierre d’une économie ressuscitée, fidèle au serment de servir le peuple.
Retirez-lui ces décrets. Et ce sera bien plus que de la politique : ce sera de la justice. Ce sera bien plus qu’un acte de pouvoir : ce sera un acte de salut. Le pays retiendra son souffle, attendant votre signature pour enfin pouvoir respirer.
Par Jean Jolès Rurikunzira