Ce dimanche 15 février 2026 restera gravé dans les annales de la diplomatie burundaise. Alors que le soleil se lève sur Addis-Abeba, c’est un fils du « Pays des mille collines, Pays du lait et du miel » qui prend place au pupitre de l’Union africaine. Son Excellence le Général Évariste Ndayishimiye, Président de la République du Burundi, endosse officiellement la présidence tournante de l’institution continentale pour un mandat d’un an. Une consécration qui ne doit rien au hasard, mais qui couronne une décennie de patient labeur diplomatique et de redressement national.
Il y a cinq ans, le Burundi entamait sa mue. Isolé, sanctionné injustement, le pays peinait à faire entendre sa voix dans le concert des nations. Aujourd’hui, la capitale économique Bujumbura est devenue un carrefour de rencontres régionales, et son Président, un interlocuteur incontournable pour les chancelleries du Golfe, d’Asie et d’Amérique. Comment expliquer une telle trajectoire ? La réponse, unanime chez les observateurs, tient en un nom : Evariste Ndayishimiye. L’homme que ses pairs appellent désormais à diriger le destin de l’Afrique n’est pas seulement un chef d’État ; il est, selon l’expression consacrée à Gitega, un rassembleur-né, un visionnaire inflexible et un stratège infatigable.
Un « Capital diplomatique » sans précédent
Si le Burundi accède aujourd’hui à ce niveau de responsabilité, c’est parce que son Président a su, ces dernières années, tisser une toile diplomatique dense et efficace. Comme le rappelle le secrétaire général du parti au pouvoir, la communauté internationale a « attesté que le Burundi est un pays paisible, que la situation sécuritaire est stable ». Cette confiance retrouvée s’est traduite par une cascade de responsabilités.
Le Chef de l’État burundais ne se présente pas en novice à Addis-Abeba. Il arrive fort d’un parcours exceptionnel au sein des institutions régionales : il a déjà présidé la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), il tient actuellement les rênes du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), et occupe depuis un an la première vice-présidence de la conférence des Chefs d’État de l’Union africaine . Cette feuille de route, unique dans l’histoire récente de l’organisation, lui offre une vision à 360 degrés des défis du continent. Ajoutons à cela sa désignation comme « Champion de l’Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité » par l’UA, un portefeuille qu’il a animé avec la ferveur qu’on lui connaît . Le président Ndayishimiye n’aura donc pas de période d’adaptation : il connaît les dossiers, les acteurs, et les rouages.
L’Architecte de la Paix dans les Grands Lacs
L’un des atouts majeurs du nouveau président de l’UA réside dans son engagement viscéral pour la stabilité sécuritaire. Alors que l’Est de la République démocratique du Congo traverse l’une de ses crises les plus complexes, le Président burundais s’est imposé comme une force de proposition discrète mais redoutablement efficace.
À quelques jours seulement de sa prise de fonction, le vendredi 31 janvier 2026, le Président Ndayishimiye recevait Faure Gnassingbé, médiateur désigné par l’UA pour la crise des Grands Lacs. Au cours de ce tête-à-tête, le Burundais a réaffiché sa foi inébranlable en « les ressources diplomatiques, morales et politiques dont dispose l’Afrique pour construire sa propre paix et trouver des solutions africaines aux problèmes africains ». Une profession de foi qui résonnera comme une feuille de route pour son mandat.
Une ouverture planétaire au service du développement
Mais le leadership du Président Ndayishimiye ne se limite pas à la gestion des crises. Il incarne une vision moderne et pragmatique de la diplomatie économique. Loin du repli souverainiste, il pratique une politique d’ouverture éclairée, multipliant les partenariats stratégiques au-delà du continent.
Sa tournée asiatique d’avril 2025, première visite d’un chef d’État burundais au Vietnam en 28 ans, fut à cet égard éloquente. Accueilli comme un partenaire de premier plan, le Président a signé des accords-cadres majeurs. Il n’a pas hésité à citer le Vietnam comme « un modèle de lutte pour la libération nationale et de développement » . Mieux, il a personnellement supervisé le succès de la coentreprise Lumitel (Viettel), aujourd’hui premier opérateur télécom et deuxième contributeur fiscal du Burundi. Cette capacité à attirer les investissements et à rassurer les capitaux étrangers illustre son sens aigu des priorités : faire du Burundi un pays émergent d’ici 2040, et une nation développée à l’horizon 2060.
Cette vitalité diplomatique s’est encore illustrée il y a quelques jours à peine. Le 5 février 2026, alors que le Burundi célébrait son Unité nationale, le président Ndayishimiye s’entretenait à Abu Dhabi avec Son Altesse Sheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan. Au menu de cette rencontre de travail : les énergies renouvelables, les investissements stratégiques et la stabilité globale. Quarante-huit heures avant de présider l’UA, il bouclait des accords économiques majeurs avec l’une des puissances financières du Golfe. Le contraste avec l’isolement d’il y a cinq ans est saisissant.
Rassembleur, Visionnaire, Infatigable
Au-delà des réalisations factuelles, ceux qui côtoient quotidiennement le chef de l’État burundais insistent sur ses qualités humaines. Evariste Ndayishimiye est d’abord un rassembleur. Dès son investiture en 2020, il a tendu la main à l’ensemble des « forces vives de la Nation » : partis politiques, confessions religieuses, société civile. Cette volonté de coaliser les énergies, il l’exporte aujourd’hui à l’échelle continentale. Alors que l’Afrique est fragmentée par des rivalités linguistiques et des blocs régionaux concurrents, son style consensuel est perçu comme un atout précieux.
Son entourage le décrit comme un « infatigable », et pour cause. Alors que ses homologues rentrent dans leurs capitales, NEVA (surnom affectueux donné par ses compatriotes) enchaîne les fuseaux horaires : on le voit un vendredi à Bujumbura recevoir un médiateur togolais, le lundi suivant à Abu Dhabi, et le lendemainavec ses ministres pour évaluer la campagne agricole. Cette énergie, couplée à une vision stratégique claire (celle d’une Afrique confiante, non-alignée et maîtresse de son destin) constitue le socle de sa légitimité nouvelle.
Un « Moment burundais » pour l’Afrique ?
Alors que le Général Ndayishimiye s’apprête à revêtir le costume de président de l’Union africaine, une attente mesurée mais réelle se fait sentir. Il hérite d’une institution confrontée à des défis titanesques : dérèglement climatique, endettement, recrudescence des coups d’État, et guerre d’influence entre puissances extra-africaines.
Pourtant, ceux qui doutaient encore du « miracle burundais » ont été contraints de réviser leur jugement. En cinq ans, le Président a levé des sanctions injustes, rouvert des ambassades, conquis des présidences régionales et attiré des géants économiques. Le 15 février 2026 marque ainsi l’aboutissement logique d’une décennie de renaissance.
Le leader burundais n’aborde pas ce mandat comme une consécration personnelle, mais comme un outil supplémentaire au service du continent. « Nous devons avoir confiance en nous-mêmes », répète-t-il souvent. Avec lui à la barre, l’Afrique sait qu’elle pourra compter sur un Général dont la boussole n’a pas varié : la dignité, le travail, et la foi inébranlable en un destin commun.
L’histoire retiendra que c’est depuis le cœur des Grands Lacs, patrie de l’intégration Est-Africaine, qu’est venue l’étincelle d’un renouveau panafricain. Et pour l’heure, le Président Evariste Ndayishimiye, avec sa stature de stratège et son humanité profonde, semble être l’homme de la situation.
Addis-Abeba, 15 février 2026. Que le travail commence !
Valéry-LéonMichel
Correspondance particulière – Addis-Abeba