Évariste Ndayishimiye à la tête de Union africaine : le Burundi entre dans l’Histoire et entend marquer son temps

Le 14 février 2026 à Addis-Abeba, le Burundi a franchi un seuil historique. Pour la première fois depuis la création de l’Union africaine en 2002, un président burundais accède à la présidence de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement.

Avec l’élection d’Évariste Ndayishimiye, ce n’est pas seulement un pays qui prend la tête de l’organisation continentale pour un an. C’est une nation longtemps confrontée à l’adversité qui affirme désormais sa maturité politique, sa stabilité retrouvée et sa volonté d’influencer le destin africain.

Le moment burundais

Pendant des décennies, le Burundi a été observé à travers le prisme de ses crises. Aujourd’hui, il se présente comme un pays debout, sûr de ses choix et résolument engagé dans la construction d’une Afrique souveraine.

Cette présidence est la reconnaissance d’un parcours.
Elle est aussi un message : le leadership africain ne dépend pas uniquement du poids économique ou démographique, mais de la cohérence politique, de la vision stratégique et de la capacité à fédérer.

Sous la conduite du Président Ndayishimiye, le Burundi veut démontrer qu’un État qui a choisi la stabilité, le dialogue et la reconstruction peut aujourd’hui orienter les priorités du continent.

 

Une priorité claire : l’eau, la dignité et la vie

L’année 2026 est consacrée à l’accès durable à l’eau et à l’assainissement. Ce choix n’est pas technique, il est profondément politique.

Plus de 400 millions d’Africains n’ont pas accès à une eau potable sûre.
Près de 700 millions vivent sans services d’assainissement adéquats.

En plaçant ce thème au centre de son mandat, la présidence burundaise affirme que le développement africain commence par la dignité humaine. Santé, scolarisation, productivité, résilience climatique : tout converge vers cette question fondamentale.

Le Burundi, qui a déjà intégré l’accès à l’eau dans sa vision nationale à long terme, propose une approche concrète : rapprocher l’eau des familles rurales et transformer cette ressource en levier de santé et de prospérité.

Ce pragmatisme pourrait devenir un modèle continental.

Paix et souveraineté : une parole assumée

La paix constitue le deuxième pilier majeur du mandat burundais. Le message est direct : aucun développement durable n’est possible tant que certaines régions du continent restent déstabilisées par les conflits.

Fort de son propre parcours de sortie de crise, le Burundi plaide pour :

  • Le renforcement des mécanismes africains de prévention des conflits,
  • Le dialogue inclusif,
  • L’implication structurée de la jeunesse et des femmes dans la construction de la paix.

Mais la présidence burundaise va plus loin : elle appelle à une Afrique qui défend sans ambiguïté sa souveraineté et refuse toute forme d’ingérence ou de domination extérieure. L’Union africaine doit parler d’une seule voix sur les questions de sécurité et d’intégrité territoriale.

C’est une posture de responsabilité et d’affirmation.

Miser sur la jeunesse pour transformer le continent

Avec une population qui dépassera 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050, l’Afrique détient l’un des plus grands potentiels humains au monde.

La présidence burundaise fait le pari que cette jeunesse peut devenir le moteur d’une renaissance africaine fondée sur :

  • L’éducation adaptée aux réalités économiques,
  • L’innovation technologique,
  • L’entrepreneuriat des jeunes et des femmes,
  • L’intégration économique à travers la mise en œuvre effective de la zone de libre-échange continentale.

À Bujumbura, un dialogue continental sur la jeunesse, la paix et la sécurité sera organisé pour transformer les aspirations en recommandations concrètes. L’objectif est clair : passer d’une jeunesse spectatrice à une jeunesse actrice.

 

Un test de crédibilité et une opportunité historique

Une année est courte. Les défis sont immenses. Les attentes sont élevées.

Mais cette présidence offre au Burundi une occasion unique de consolider son image internationale, de démontrer son sens du consensus et de prouver que la stabilité politique peut se traduire en leadership continental.

Si les engagements annoncés se traduisent par des actions mesurables — avancées sur l’accès à l’eau, impulsion diplomatique sur les crises, mobilisation structurée de la jeunesse — alors 2026 pourrait marquer un tournant durable.

 

Une Afrique qui marche debout

Au-delà des priorités techniques, le message central du Président Ndayishimiye est simple : l’Afrique peut compter sur ses propres forces.

Ses ressources naturelles, sa jeunesse, son énergie entrepreneuriale et sa capacité de résilience constituent les fondations d’un continent qui aspire à plus de justice dans la gouvernance mondiale.

En accédant à la tête de l’Union africaine, le Burundi n’entre pas seulement dans l’histoire institutionnelle du continent.
Il ouvre une séquence politique où un pays autrefois fragilisé affirme désormais sa capacité à contribuer à la stabilité, à la solidarité et à la transformation africaine.

Ce mandat d’un an sera jugé sur ses résultats.

Si les engagements annoncés se traduisent par :

  • Des avancées mesurables sur l’accès à l’eau,
  • Une coordination renforcée face aux crises sécuritaires,
  • Une mobilisation structurée de la jeunesse africaine,
  • Une impulsion visible dans l’intégration économique continentale,

Alors la présidence burundaise ne sera pas seulement historique — elle sera structurante.

Le succès du Président Évariste Ndayishimiye à la tête de l’Union africaine se mesurera à sa capacité à laisser une empreinte durable : une Union plus cohérente, plus audible sur la scène internationale et plus proche des réalités des citoyens africains.

Pour le Burundi, ce serait la confirmation d’un leadership assumé.

Pour l’Afrique, la preuve qu’un pays déterminé, fort de son expérience et de sa vision, peut impulser une dynamique nouvelle.

C’est ainsi que l’année 2026 restera dans les annales comme celle où le Burundi n’a pas seulement présidé l’Union africaine — mais a contribué à renforcer sa crédibilité et son efficacité.

Et c’est peut-être là que réside le véritable succès : transformer un honneur en héritage.

L’année 2026 sera décisive.

Elle dira si cette première présidence burundaise aura été symbolique — ou structurante.

Mais une chose est certaine : le Burundi a saisi son moment.

 

 

Par : Ntwari James