CVR: Les biens spoliés bientôt révélées

Génocide, justice, société

Plus de 1000 dossiers sont déjà traités par la CVR

La Commission Vérité et Réconciliation (CVR) a tenu une conférence de presse le 13 avril 2026 afin d’informer l’opinion publique de l’état d’avancement de l’analyse des dossiers déjà reçus, relatifs aux terres et autres biens spoliés dans le passé.

Pierre Claver Ndayicariye, président de la CVR, a indiqué que la Commission a commencé à recevoir, examiner et analyser les dossiers des plaignants. Il a précisé que les premières décisions seront rendues publiques dans les prochains jours.

Comment se déroulent les enquêtes

Ndayicariye a expliqué la procédure suivie par la CVR. Lorsqu’un dossier est reçu, il est enregistré dans un registre officiel, puis numérisé et doté d’un numéro avant d’être conservé dans un lieu sécurisé, inaccessible au public.

Au moment de l’instruction, une équipe restreinte est désignée pour mener les enquêtes. Toutes les parties concernées sont convoquées et entendues, ainsi que leurs témoins. Un rapport est ensuite rédigé à partir des déclarations recueillies. L’équipe d’enquête se rend également sur le terrain pour examiner la parcelle ou le bien immobilier en litige.

Sur place, les enquêteurs peuvent interroger les voisins ou toute autre personne susceptible d’apporter des éclaircissements. Après ces investigations, un rapport est présenté en séance plénière des commissaires de la CVR. Si les faits sont suffisamment établis, une décision est prise ; dans le cas contraire, les enquêtes se poursuivent jusqu’à la manifestation de la vérité.

Constats déjà observés dans les dossiers

Le président de la CVR a signalé que certains dossiers contiennent de nombreuses irrégularités et de fausses déclarations. Il arrive que des personnes revendiquent des biens qu’elles savent avoir été acquis de manière illégale, en recourant à de faux témoins ou à des documents frauduleux.

Ndayicariye appelle ainsi les Burundais à renoncer au mensonge. Toute personne occupant une maison ou une terre spoliée, ou ayant acheté un bien issu de spoliation, est invitée à reconnaître la situation afin d’éviter d’aggraver les conflits au sein de la société.

Il a également averti que les faux témoignages et les documents falsifiés seront sanctionnés conformément à la loi.

Selon lui, ces dossiers exigent une grande prudence et ne peuvent être traités à la hâte, compte tenu de leur sensibilité et du temps écoulé.

Que demande-t-on aux Burundais ?

Le président de la CVR a précisé que les décisions prises par la Commission ne feront pas l’objet de recours devant les tribunaux. Elles doivent donc être prises avec la plus grande rigueur afin d’éviter toute injustice.

Il a souligné que la paix ne peut être durable tant que certains vivent encore sur les biens d’autrui. Ceux qui détiennent indûment des biens appartenant à d’autres sont invités à trouver des solutions durables pour garantir un avenir apaisé à leurs enfants.

Ndayicariye appelle les citoyens à accueillir les décisions de la CVR dans le calme, en évitant toute réaction de colère ou de vengeance.

Les Burundais sont également encouragés à maintenir la cohésion sociale avec ceux avec qui ils ont des différends, car la réconciliation repose sur la vérité et la restitution des droits des personnes spoliées.

Enfin, il a rappelé que les conflits non résolus risquent d’avoir des conséquences sur les générations futures. Les citoyens, notamment dans les collines et les quartiers, qui disposent d’informations sur les spoliations passées, sont invités à témoigner sans crainte afin de contribuer à la libération du pays par la vérité.

Par Irakoze Médiatrice