Le Burundi structure la filière tournesol pour renforcer sa souveraineté en huile alimentaire

Socio-économie, politique
Le Ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage, en collaboration avec la « SNV » et le « PADANE », avec l’appui financier de l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas au Burundi, a lancé ce 28 juillet 2026 les travaux de mise en place de la Plateforme nationale des acteurs de la filière tournesol. Cette structure ambitionne d’organiser durablement la chaîne de valeur du tournesol afin d’accroître la production nationale, de soutenir les producteurs et de contribuer à la transformation économique du Burundi.

Une plateforme pour fédérer les acteurs de la filière

Ouvrant les travaux au nom du Ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage, le Secrétaire permanent Emmanuel Niyungeko a indiqué que cette plateforme nationale constitue un cadre permanent de concertation entre les producteurs, les coopératives, les transformateurs, les industriels, les partenaires au développement ainsi que les pouvoirs publics.

Selon lui, cette initiative traduit la volonté du Gouvernement de mieux organiser la filière tournesol, afin d’en faire un véritable levier de développement économique. Il estime qu’elle permettra de coordonner les interventions des différents acteurs, de défendre leurs intérêts et d’accompagner efficacement le développement de cette culture stratégique.

Une contribution à la Vision Burundi 2040-2060

Le Secrétaire permanent a rappelé que l’agriculture demeure une priorité du Gouvernement. À travers cette plateforme, l’État entend accroître la production nationale de tournesol, réduire la dépendance aux importations d’huile alimentaire, améliorer les revenus des producteurs et renforcer les capacités des industries locales de transformation, a-t-il précisé.

Il a souligné que cette démarche s’inscrit dans la mise en œuvre de la Vision Burundi 2040-2060, qui vise à bâtir une économie plus compétitive, fondée notamment sur la valorisation des chaînes de valeur agricoles.

Mieux organiser toute la chaîne de valeur

Au cours des deux journées des travaux, les participants sont appelés à proposer des solutions concrètes pour améliorer la disponibilité des semences améliorées, accroître les rendements, garantir un prix équitable aux producteurs, renforcer les unités de transformation et assurer une commercialisation répondant aux normes nationales et internationales.

Le Secrétaire permanent, Emmanuel Niyungeko, a reconnu que plusieurs défis persistent encore dans le développement de la filière. Il a ainsi invité les acteurs à mettre en commun leurs expériences, afin d’identifier des solutions durables capables de renforcer la compétitivité du secteur.

Les Pays-Bas réaffirment leur engagement

Prenant la parole, Eddy Niyonzima, représentant de l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas au Burundi, a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner la mise en place de la Plateforme nationale des acteurs de la filière tournesol.

Il a indiqué que cet appui vise à renforcer l’ensemble des chaînes de valeur de la filière, afin de garantir la pérennisation et la durabilité de cette plateforme. Selon lui, une meilleure organisation des différents maillons de la chaîne permettra aux producteurs burundais d’améliorer leur productivité, de créer davantage de valeur ajoutée, et de contribuer plus efficacement à l’édification de l’économie nationale.

Il a salué la collaboration entre le Ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage, la « SNV » et le « PADANE », estimant que ce partenariat constitue un levier important pour accélérer la modernisation du secteur agricole burundais.

Une nouvelle étape pour le développement du secteur

La création de la Plateforme nationale des acteurs de la filière tournesol marque une étape importante dans l’organisation de cette culture au Burundi. En réunissant les principaux intervenants autour d’une vision commune, le Gouvernement et ses partenaires entendent faire du tournesol une filière porteuse de croissance, créatrice d’emplois et capable de renforcer la sécurité alimentaire ainsi que la souveraineté du pays en huile alimentaire. Les recommandations issues de ces assises devraient jeter les bases d’une plateforme solide, durable, et au service de la transformation agricole et économique du Burundi.

Par Nkurunziza Dieudonné