Wakenya-Suguru : quand Pacifique Nininahazwe ou le FOCODE joue les pompiers pyromanes pour sauver un empire financier en déroute

Alors que l’homme d’affaires Aloys Ntakirutimana, dit Wakenya, se trouve à la prison de Mpimba pour des accusations de trahison, de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, une voix s’élève depuis la Belgique. Celle de Pacifique Nininahazwe, président du FOCODE, qui, par une publication datée du 21 août 2026, s’érige en défenseur des délinquants financiers, dénonçant une prétendue « campagne aux relents ethniques » contre Wakenya et son acolyte Olivier Suguru. Mais derrière cette indignation de façade, qu’y a-t-il vraiment ? Un rideau de fumée, une tentative désespérée d’acheter la conscience publique pour influencer le cours de la justice. Burundi Forum, cité à tort et à travers dans cette manœuvre de diversion, se voit dans l’obligation de rétablir la vérité, méthodiquement, pierre par pierre.

  1. Burundi Forum, une plume qui ne tremble pas : la vérité en quinze actes

La publication du FOCODE du 21 août 2026 tente de nous faire passer pour des fossoyeurs de la paix, des artisans de la haine ethnique. Rien n’est plus faux. Depuis des années, Burundi Forum mène une enquête minutieuse sur les agissements d’Olivier Suguru et de son bras droit Wakenya. Nous avons publié, preuves à l’appui, des dizaines d’articles documentant un système de prédation méthodique, quasi industriel.

Là où le FOCODE voit une « campagne ethnique », nous voyons une entreprise de corruption d’une ampleur inédite. Lisons ensemble le curriculum vitae de l’honorable député Suguru, que le FOCODE voudrait présenter comme une victime : député réélu pour la législature 2025-2030, président du Conseil d’administration de la Chambre fédérale du commerce et de l’industrie du Burundi (CFCIB), patron de l’Association des industriels du Burundi (AIB), ex-président de l’Agence de développement du Burundi (ADB), ex-président de l’Office burundais des recettes (OBR), et secrétaire général de la société privée SAVONOR depuis 2012. Un homme aux mille casquettes, qui a érigé le conflit d’intérêts en art de gouverner.

Et que fait cet honorable parlementaire avec tous ses pouvoirs ? Il saigne l’État de l’intérieur. Nous avons révélé qu’il a contracté, via sa société Inter Trade, un prêt colossal de 63 milliards de francs burundais à la BANCOBU, tandis que lui et son associé ont personnellement bénéficié de plus de 50 milliards supplémentaires. Un crédit sans garantie, une insulte au peuple burundais. Pendant que des petits entrepreneurs luttent pour obtenir des crédits d’élevage de poules et de lapins, Suguru vidait les caisses de la BANCOBU, la colonne vertébrale de notre économie.

Mais ce n’est pas tout. À la tête de l’OBR, il s’accordait à lui-même des exonérations fiscales abusives. Il importait massivement d’Indonésie de l’huile de palme raffinée, déguisée en brute dans les déclarations, afin de bénéficier d’un taux de douane de 0% réservé aux matières premières non transformées. C’est le cœur de l’escroquerie fiscale que nous avons documentée. Fraude à la loi, saignée fiscale, crédits toxiques : nous avons tout publié.

Et Wakenya dans tout cela ? Arrêté le 24 mars 2026, il est accusé d’avoir investi dans une usine de boissons à Bukavu, en territoire contrôlé par le mouvement terroriste M23. Il est poursuivi pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’État, trahison, blanchiment de capitaux et financement du terrorisme ». Pendant qu’il est derrière les barreaux, son beau-père Adelin Ntanonga vient de prendre les rênes de l’usine de boisson à Bukavu. Coïncidence ? Notre enquête démontre qu’il s’agit plutôt d’une stratégie bien rodée, orchestrée depuis l’étranger.

  1. Pacifique Nininahazwe, le silence assourdissant et la carte ethnique qui paie

Voilà les faits que nous avons publiés. Et pendant tout ce temps, qu’a fait Pacifique Nininahazwe? A-t-il démenti une seule de nos allégations ? A-t-il apporté une seule preuve contredisant nos révélations sur les crédits abyssaux sans garantie, sur la fraude fiscale organisée, sur le blanchiment de capitaux ?

Pas une seule fois.

Comme nous l’avons déjà écrit à propos de Suguru : « Il ne dit pas : ‘Je n’ai pas saigné la BANCOBU.’ Il ne dit pas : ‘Je n’ai jamais détourné de recettes fiscales.’ Il ne dit pas : ‘Je ne suis pas le copropriétaire de SAVONOR.’ ». Le communiqué de SAVONOR, que le FOCODE semble avoir lu en diagonale, « en insistant sur la légalité du taux pour le brut, ne souffle mot du déguisement de la marchandise ».

Mais aujourd’hui, devant l’étau judiciaire qui se resserre, Pacifique Nininahazwe sort de son silence. Et que choisit-il comme angle d’attaque ? L’ethnie.

C’est là que le bât blesse. Incapable de réfuter les faits, il choisit la diversion identitaire. Il sait que la carte ethnique paie. Avec King Umurundi, ils ont été payés pour essayer d’innocenter Wakenya. Mais dire qu’il est emprisonné parce qu’il est tutsi, c’est une tentative désespérée d’apporter des émotions dans une affaire qui doit être jugée sur pièces.

  1. La justice burundaise ne connaît pas l’ethnie

Le FOCODE voudrait nous faire croire que les prisons burundaises sont remplies de Tutsis, que le régime s’acharne sur une communauté. C’est un mensonge éhonté. Rappelons à Pacifique Nininahazwe que les prisons burundaises ne sont pas des camps ethniques.

Le Général Bertin Gahungu est en prison. Il est hutu.

Hussein Rajabu, ancienne figure du CNDD-FDD, a connu les affres de la justice. Jérémie, Tout Autre, Onésime, etc. autres poids lourds du parti au pouvoir, ont également été sanctionnés. En guise d’exemple concret, la liste des 34 présumés putschistes du 13 mai 20215 dont Pacifique Nininahazwe fait partie au numéro 10 en est un témoignage éloquent car cette liste contient des Hutu et des Tutsi. Des généraux, des officiers militaires et policiers ont été emprisonnés pour leurs méfaits. Le Président Evariste Ndayishimiye mène une guerre sans merci contre la corruption sous toutes ses formes, sans distinction aucune, sans tenir compte de l’ethnie.

Comme nous l’avons écrit dans notre Acte XV : « Notre journal n’a jamais ciblé Olivier SUGURU pour son appartenance ethnique, mais pour des pratiques économiques et institutionnelles alléguées. Il ne représente aucune ethnie. Il est la corruption personnifiée. La preuve est simple : à l’hémicycle de Kigobe où il siège depuis 2020 comme député, plus de 40 % des députés sont tutsis ; aucun d’eux n’a jamais fait l’objet de nos enquêtes. »

Wakenya et Suguru ne représentent aucune ethnie. Ils représentent celle des voleurs, des prédateurs, de ceux qui ont vidé les caisses de l’État.

  1. Quand l’argent sale appelle à la rescousse : une tentative d’ingérence dans la justice

Le FOCODE écrit que Wakenya aurait demandé la permission à l’Administrateur Général du SNR et à un haut fonctionnaire de la Présidence avant de faire des montages financiers dans les paradis fiscaux et d’investir en zone contrôlée par le M23. Nous posons une question simple à Pacifique Nininahazwe : est-ce que de telles demandes sont adressées à ces autorités ? L’OBR était-il au courant ? L’Office burundais des recettes, que Suguru a présidé , était-il informé de ces montages ?

Cette allégation est une preuve supplémentaire que la publication du FOCODE est une tentative désespérée d’interférer avec une affaire en justice pour sauver un délinquant financier. Si Wakenya avait réellement obtenu des autorisations, qu’il les produise devant la justice. Qu’il les montre aux juges. Mais non, on préfère les publier dans une tribune médiatique, pour tenter d’influencer l’opinion publique, pour créer un précédent dangereux : celui où l’on peut acheter des journalistes pour blanchir sa réputation.

  1. Siguvuze FM, la haine et la manipulation

La publication du FOCODE s’appuie sur les accusations de Siguvuze FM, une radio qui serait basée au Kenya, présentée comme un média de la haine. Mais qu’est-ce que cette radio vient faire dans une affaire de corruption au Burundi ? Le FOCODE, qui se veut défenseur des droits de l’homme, fait-il désormais alliance avec des médias basés à l’étranger pour régler des comptes intérieurs ?

Le paradoxe est saisissant. Le FOCODE dénonce la haine ethnique, mais il utilise les mêmes armes que celles qu’il prétend combattre. Il instrumentalise l’ethnie, il joue avec les peurs, il tente de réveiller les vieux démons pour sauver des hommes dont le seul crime, aux yeux de la justice, est d’avoir volé le peuple burundais.

  1. Un appel à la raison : laissons la justice travailler

Burundi Forum ne connaît pas les autres médias cités dans la publication du FOCODE. Mais nous restons toujours engagés et respectons la déontologie journalistique. Nous publions sur base de faits et non de sentiments. Nos enquêtes sont documentées, nos sources sont vérifiées, nos accusations sont étayées.

Nous lançons un appel solennel à Pacifique Nininahazwe et au FOCODE : rendez l’argent à Wakenya. Remboursez les milliards volés à la BANCOBU, à l’OBR, au peuple burundais. La justice devra faire son travail sur cette affaire, et aucun rideau de fumée, aussi dense soit-il, ne pourra masquer l’incendie financier que vous tentez de cacher.

Le Président Evariste Ndayishimiye a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille. Il ne reculera pas devant les manœuvres d’intimidation ou de diversion. La justice burundaise est indépendante, et elle saura faire la lumière sur cette affaire, sans se laisser influencer par des campagnes médiatiques payées depuis l’étranger.

Enfin, quand les voleurs pleurent, le peuple rit

Wakenya et Suguru ont prospéré pendant des années dans l’ombre. Ils ont engrangé des milliards, acheté des consciences, acheté des journalistes, acheté des plateformes comme le FOCODE pour tenter aujourd’hui d’acheter leur liberté. Mais la vérité finit toujours par éclater.

Pacifique Nininahazwe, en sortant aujourd’hui de son silence complice, ne fait que confirmer ce que nous savions déjà : il était de mèche avec ces prédateurs. Il n’a jamais démenti nos allégations parce qu’il ne le pouvait pas. Il a attendu que l’étau se resserre pour tenter de jouer la carte ethnique, pensant que cela paierait.

Mais le peuple burundais n’est pas dupe. Il sait que Wakenya et Suguru ne sont pas des victimes, mais des bourreaux. Ils ont vidé les caisses de l’État, affamé le Trésor public, et aujourd’hui, ils pleurent pour tenter d’attendrir les cœurs.

Que la justice suive son cours ! Que les coupables soient punis, quelle que soit leur ethnie ! Et que ceux qui tentent d’acheter l’immunité par des campagnes de propagande sachent que Burundi Forum sera là pour dénoncer leurs manœuvres, méthodiquement, sans relâche, jusqu’à ce que la lumière soit faite !

Fiat lux.

Par Jean Jolès Rurikunzira