Dans une mise au point d’une rare sévérité, l’organisation Banyamulenge Global Advocacy (BGA) démonte la mascarade d’un opposant burundais en exil qui, sous couvert de défendre les Banyamulenge, tente de réhabiliter le mouvement armé RED-Tabara, responsable de milliers de morts depuis 2017. Une compilation analytique des révélations accablantes qui épinglent un homme et un système.
Le Théâtre de l’indignation
Il est des postures qui, à force d’être répétées, finissent par devenir des réflexes pavloviens. Depuis son exil confortable en Belgique, où il bénéficie des largesses du contribuable européen, Pacifique Nininahazwe, président du Forum pour la Conscience et le Développement (FOCODE), s’est érigé en procureur autoproclamé des droits humains dans la région des Grands Lacs. Mais le 23 septembre 2026 restera une date charnière. Ce jour-là, Banyamulenge Global Advocacy (BGA), une organisation représentant la diaspora banyamulenge aux États-Unis, a publié une mise au point d’une brutalité argumentative rare. Un réquisitoire qui ne se contente pas de contester la légitimité de Nininahazwe à parler au nom des Banyamulenge, mais qui expose au grand jour l’architecture d’une manipulation politique dont l’objectif n’est autre que de blanchir les bourreaux et de salir les victimes.
La mise au point de la BGA : Un réquisitoire sans appel
Le document de la BGA, intitulé « Mise au point relative aux propos de M. Pacifique Nininahazwe, opposant politique burundais et proche du mouvement RED-Tabara, qui endeuille les Banyamulenge depuis 2017 », est un acte d’accusation méthodique. L’organisation rappelle d’emblée que ses membres sont des « citoyens américains et résidents légaux d’origine congolaise » qui refusent de voir leur communauté instrumentalisée pour servir des « objectifs géopolitiques étroitement alignés sur les intérêts du gouvernement rwandais ».
La BGA ne mâche pas ses mots : « Cet homme, proche de RED-Tabara, cherche aujourd’hui à se présenter comme quelqu’un qui se préoccupe des souffrances des Banyamulenge, croyant que notre communauté fermera les yeux sur son jeu politique et sa mise en scène. » Le ton est donné. Il ne s’agit pas d’un débat d’idées, mais d’une dénonciation d’une imposture. La communauté banyamulenge, qui a payé un tribut de sang depuis 2017, refuse de servir de marchepied à un homme dont le seul agenda est la déstabilisation du Burundi au profit de Kigali.
RED-Tabara : Le fer de lance d’une stratégie de la terreur
Pour comprendre la gravité de l’accusation, il faut se pencher sur la nature de RED-Tabara. Ce mouvement, présenté comme un groupe rebelle burundais, est en réalité un supplétif de Kigali, une milice proxy utilisée par le Rwanda pour déstabiliser son voisin burundais et piller les ressources de l’Est de la RDC. La BGA est catégorique : « Depuis 2017, RED-Tabara, supplétif de Kigali, endeuille les Banyamulenge : il a tué des milliers des Banyamulenge, razzié un nombre considérable de leurs bovins et détruit des infrastructures sociales, notamment des écoles, des églises, des maisons et des structures sanitaires. »
Les faits sont documentés. Depuis 2017, les hauts plateaux de Minembwe et les territoires d’Uvira, Fizi et Mwenga sont le théâtre d’une violence inouïe. Des coalitions de groupes armés, incluant RED-Tabara, ont systématiquement attaqué les villages banyamulenge, commettant des exactions d’une barbarie inouïe. Les rapports des organisations humanitaires font état de viols collectifs, de mutilations et de destructions massives. La BGA rappelle que l’armée burundaise a joué un rôle crucial dans le démantèlement des bastions de RED-Tabara, une coopération sécuritaire entre la RDC et le Burundi qui dérange profondément les intérêts rwandais.
Pacifique Nininahazwe : un pantin au passé judiciaire lourd
Qui est réellement Pacifique Nininahazwe ? Derrière la façade du « défenseur des droits » se cache un homme dont le passé judiciaire est accablant. Condamné par la justice burundaise, poursuivi pour subversion, il a quitté le Burundi en 2015 après l’échec du putsch des 13 et 14 mai. Le 2 février 2016, le Secrétaire Général de la Cour Suprême du Burundi a rendu public un communiqué détaillant l’existence d’un dossier, enregistré sous le numéro RMPG 697Bis/MA, toujours ouvert à charge des putschistes et de leurs alliés en cavale. Le nom de NININAHAZWE Pacifique y figure en bonne place. Un mandat d’arrêt international a été émis contre lui.
Ce n’est pas une accusation politique fantaisiste, comme il aime à le faire croire. C’est un acte judiciaire officiel. Nininahazwe n’est pas un simple opposant ; il est un fugitif recherché pour des actes qualifiés de « terroristes » liés à la vague de violences de 2015. Son passé le poursuit, et il tente de le noyer dans un activisme de façade.
Le « Logiciel Rwandais » : une enquête sur un agent d’influence
Nos révélations sont formelles : Pacifique Nininahazwe est un agent d’influence à la solde de Kigali. En décembre 2014, l’Union européenne, via l’ONG War Child Holland, a signé avec le FOCODE un contrat de subvention d’un montant de 10 000 euros, qualifié d’« action ad-hoc ». L’objet officiel ? « Renforcer la capacité financière » de l’entité. La réalité ? Financer l’évacuation de Nininahazwe et de sa famille hors du Burundi, alors qu’il était en train d’inciter les jeunes Burundais à descendre dans les rues avec des armes pour combattre leur pays.
Dans une interview accordée à Jeune Afrique en mai 2015, il déclarait sans ambages : « Si Pierre Nkurunziza ne renonce pas, les manifestations vont se poursuivre. […] Nous parviendrons à occuper la place de l’Indépendance […] comme la place Tahrir en Égypte ». Pendant qu’il appelait à l’insurrection, il préparait déjà son propre départ, avec femme et enfants, vers les Pays Bas. Un courage à géométrie variable.
La Stratégie de la victime : Manipuler l’opinion pour réhabiliter les bourreaux
La stratégie de Nininahazwe est limpide. Il s’agit de se poser en victime pour mieux attaquer. En s’érigeant en « porte-parole » des Banyamulenge, il cherche à se doter d’une légitimité qu’il n’a pas. La BGA est intraitable sur ce point : « Vous n’avez reçu aucun mandat pour parler au nom des Banyamulenge. » La communauté banyamulenge n’a pas besoin de ce pyromane pour parler en son nom. Elle a ses propres voix, son histoire, et elle sait reconnaître ses amis comme ceux qui ont contribué à ses souffrances.
Cette manipulation est d’autant plus odieuse que Nininahazwe est proche de RED-Tabara, le mouvement qui a tué des milliers de Banyamulenge. La BGA le lui rappelle sans détour : « Si vous aimez réellement les Banyamulenge, commencez par condamner les actes de votre mouvement RED-Tabara. Autrement, votre démarche est profondément paradoxale : vous ne pouvez pas prétendre défendre la cause d’un peuple tout en étant proche de ceux qui sont à la source de ses souffrances et de ses malheurs. »
La désorientation des suiveurs : Une communauté face à ses illusions
Il est des moments où la vérité éclate, et où les certitudes s’effondrent. Les Burundais qui suivent encore Pacifique Nininahazwe sont désorientés. Beaucoup ont cru, pendant des années, à la narration d’un homme qui se présentait comme un rempart contre la répression. Mais les preuves s’accumulent. Les financements occultes, les liens avec les réseaux de Kigali. Comment continuer à soutenir un homme qui, loin de défendre les opprimés, sert les intérêts d’un régime étranger ?
La BGA lance un avertissement solennel : « Nous ne pouvons pas tolérer que vous utilisiez les Banyamulenge pour réanimer la cause de RED-Tabara ou servir les intérêts de votre chef, le Président rwandais Paul Kagame. » C’est un coup de tonnerre dans le microcosme de l’opposition burundaise en exil. Les soutiens de Nininahazwe, qui se targuaient de défendre les droits humains, se retrouvent dans une position intenable. Ils sont soit complices, soit dupes. Dans les deux cas, ils sont responsables.
L’instrumentalisation des souffrances : Une insulte à la mémoire des victimes
La souffrance des Banyamulenge n’est pas une scène de théâtre. Ce n’est pas un instrument de communication politique. Ce n’est pas un moyen de réhabiliter RED-Tabara. La BGA rappelle que « les Banyamulenge ont confiance dans les institutions burundaises et dans leur professionnalisme. Utiliser les pasteurs que vous avez évoqués comme prétexte pour attaquer ou ternir l’image du Gouvernement burundais, tout en prétendant défendre les Banyamulenge, constitue une grave atteinte à l’honneur et à la dignité de tout Munyamulenge. »
Cette instrumentalisation est une insulte à la mémoire des milliers de victimes de RED-Tabara. C’est une profanation de leur douleur. Nininahazwe, en tentant de se poser en défenseur des Banyamulenge, ajoute l’injure à l’outrage. Il voudrait que la communauté oublie que son mouvement a tué des milliers des siens, razzié leurs troupeaux, détruit leurs écoles et leurs églises. La BGA refuse cette amnésie.
La voix des sans-voix : Pourquoi les banyamulenge n’ont pas besoin de tuteurs
Les Banyamulenge ne sont pas des enfants à protéger. Ils ne sont pas des instruments à manipuler. Ils ont leur propre voix, leur propre histoire, et ils savent ce qui est bon pour eux. La BGA le rappelle avec force : « Les Banyamulenge ne sont pas en quête d’un traitement spécial. Les Banyamulenge ne sont pas au-dessus de la loi. Gardez cette réalité gravée dans votre esprit. »
Ce n’est pas une question de traitement spécial, c’est une question de justice. Les Banyamulenge veulent vivre en paix, dans le respect des lois de la République Démocratique du Congo et du Burundi. Ils ne demandent pas à être défendus par des pantins de Kigali. Ils demandent à être protégés par des institutions crédibles et légitimes.
La Justice burundaise : Un rempart, pas une menace
La BGA est claire : « Les Banyamulenge ont confiance dans les institutions burundaises et dans leur professionnalisme. » C’est un message fort. Contrairement à ce que tente de faire croire Nininahazwe, le Burundi n’est pas une menace pour les Banyamulenge. L’armée burundaise a joué un rôle crucial dans le démantèlement des bastions de RED-Tabara. C’est une réalité que les manipulateurs veulent occulter.
La BGA le rappelle : « Il en sera de même pour tout Munyamulenge résidant au Burundi : s’il respecte les lois du pays et ne collabore ni avec vous, ni avec Kigali, ni avec ses groupes armés supplétifs, les institutions burundaises sont loin de constituer une menace pour les Banyamulenge. » Le message est limpide : la sécurité des Banyamulenge passe par la coopération avec les institutions légitimes, pas par l’alliance avec des groupes armés télécommandés depuis Kigali.
L’heure de vérité a sonné
La mise au point de la BGA est un électrochoc. Elle sonne le glas des illusions et des compromissions. Pacifique Nininahazwe est démasqué. Son jeu est dévoilé. Ses soutiens sont désorientés. La communauté banyamulenge, elle, reste debout, digne, et déterminée à se faire entendre sans les intermédiaires intéressés.
La BGA conclut avec fermeté : « Notre message est clair : cessez d’instrumentaliser les Banyamulenge. Respectez leur voix, leur histoire et leurs souffrances. Les Banyamulenge n’ont pas besoin que vous parliez à leur place. » C’est un avertissement solennel. Un rappel à l’ordre. Et une promesse : celle de continuer, avec fermeté et responsabilité, à défendre la dignité, les droits et la sécurité des Banyamulenge, et à dénoncer toute tentative d’utiliser leur nom et leurs souffrances au service d’intérêts qui ne sont pas les leurs.
L’histoire retiendra que, face à la tentative de récupération d’une communauté meurtrie, les Banyamulenge ont su dire non. Ils ont su reconnaître leurs amis et leurs ennemis. Et ils ont su, avec courage, dénoncer ceux qui, sous couvert de les défendre, les trahissent.
Propos de
Banyamulenge Global Advocacy (BGA)
Charles Nteze, Président Global
Fort Worth, Texas, États-Unis
recueillis par
Jean-Baptiste Delacroix
Analyste politique