L’Université du Burundi et le Centre international de recherches sur la prévention des enfants soldats, basé à Dakhla au Maroc, renforcent leur coopération pour prévenir le recrutement des enfants dans les conflits armés et favoriser leur réinsertion. Cet engagement a été réaffirmé lors d’une conférence internationale organisée conjointement le 28 octobre 2026 à Bujumbura, sous le thème « Les droits de l’enfant dans les conflits armés : enjeux contemporains et perspectives pour l’Afrique ».
La conférence a réuni des chercheurs, des experts et des acteurs engagés dans la protection de l’enfance autour des défis liés au recrutement des enfants dans les forces et groupes armés, ainsi que des mécanismes de prévention, de démobilisation et de réinsertion dans leurs communautés. Les échanges ont notamment mis en avant l’importance de la recherche scientifique et du partage d’expériences entre les pays africains, pour apporter des réponses adaptées aux réalités du continent.
À cette occasion, le Centre de recherche en droits et bien-être de l’enfant (CRDBE) de l’École doctorale de l’Université du Burundi et le Centre international de recherches sur la prévention des enfants soldats (CIRPES), basé à Dakhla au Maroc, ont conclu un accord-cadre de partenariat stratégique d’une durée initiale de quatre ans, renouvelable.
Cette convention vise à renforcer la recherche conjointe, la formation des étudiants et des chercheurs, la mobilité académique ainsi que l’échange d’expertise. Elle prévoit également des bourses, des stages, des résidences scientifiques et des activités de publication destinés à développer les capacités des chercheurs burundais et marocains dans le domaine de la protection de l’enfance.
Le Burundi, une expérience à partager
Le vice-recteur de l’Université du Burundi, le Dr Emery Nukuri, a souligné que cette coopération permettra aux deux institutions de mutualiser leurs connaissances et leurs expériences, afin de rechercher des solutions africaines aux problèmes africains. Il a notamment rappelé l’expérience du Burundi en matière de démobilisation et de réinsertion des enfants soldats, susceptible d’inspirer d’autres pays confrontés à ce phénomène.
Selon lui, la protection des enfants nécessite des mécanismes institutionnels adaptés, notamment l’accès à l’enseignement général, à la formation professionnelle et au soutien psychologique. Il a également insisté sur le rôle des familles et des communautés, ainsi que sur l’importance de la sécurité pour prévenir l’enrôlement des enfants dans les conflits armés.
De son côté, le Dr Abdel Kader, représentant du centre international marocain, a salué l’expérience burundaise en matière de réintégration des anciens enfants soldats. Il a estimé que le partenariat avec l’Université du Burundi permettra de développer un programme de recherche africain et de former une nouvelle génération de chercheurs spécialisés dans la prévention de ce phénomène.
Le partenariat prévoit également la participation des chercheurs burundais aux activités scientifiques du centre marocain, ainsi que le renforcement des échanges entre étudiants de licence, de master et de doctorat.
Prévenir le recrutement et garantir la réinsertion
Au-delà de la coopération universitaire, les participants ont souligné la nécessité d’agir en amont pour empêcher le recrutement des enfants dans les conflits armés et d’accompagner ceux qui en ont déjà été victimes. L’objectif est de favoriser leur retour durable à la vie familiale et communautaire, tout en leur garantissant l’accès à l’éducation, à la protection et aux possibilités de développement personnel.
À travers cette collaboration entre le Burundi et le Maroc, les deux institutions entendent contribuer à une meilleure compréhension des causes du recrutement des enfants soldats et à l’élaboration de réponses fondées sur la recherche scientifique et les réalités africaines.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de coopération Sud-Sud visant à renforcer les capacités africaines en matière de la protection de l’enfance et à promouvoir un continent où les enfants grandissent à l’abri des conflits armés.
Par Hatungimana Eric