Une avancée publiée dans le Journal of Deep Space Exploration révèle que des scientifiques chinois ont mis au point un catalyseur capable de transformer le dioxyde de carbone de l’atmosphère martienne en méthanol, un carburant liquide polyvalent. Voici ce que cela signifie.
Et si les futurs astronautes sur Mars pouvaient produire leur propre carburant sur place ? L’équipe du Laboratoire d’exploration de l’espace lointain de Hefei en Chine a développé un catalyseur, associant du cuivre et du sodium sur un support cristallin. Ce dispositif, expliqué dans un article publié dans le Journal of Deep Space Exploration et repris ce mardi 27 octobre, permet de faciliter la réaction entre le dioxyde de carbone et l’hydrogène.
À savoir que le CO2 constitue 95 % de l’atmosphère de Mars et que l’hydrogène peut être extrait de la glace martienne. Lors des essais en laboratoire, le procédé a produit 11 fois plus de méthanol qu’avec du cuivre seul, avec une efficacité constante de 12 heures. Chaque kilogramme de catalyseur génère environ 245 grammes de méthanol par heure.
Pourquoi les scientifiques ont-ils choisi le méthanol plutôt que le méthane?
Jusqu’ici, la NASA et SpaceX se sont concentrées sur la conversion du CO2 martien en méthane afin de propulser les fusées du voyage retour. Le Laboratoire d’exploration de l’espace lointain de Hefei, financièrement soutenu par l’État chinois, a fait un choix différent. Contrairement au méthane, qui doit être maintenu à des températures extrêmement basses, le méthanol reste liquide à température ambiante. Cela lui permet d’être plus facile à stocker, mais aussi d’être plus polyvalent.
« Le méthanol peut servir de combustible pour produire de l’électricité, assurer le chauffage et alimenter les rovers martiens ; il peut également servir de base chimique pour fabriquer des antigels, des matériaux de construction et d’autres produits », explique Zhang Zhe à South China Morning Post. Produire ces ressources directement sur la planète rouge permettrait de réduire considérablement la quantité de matériel à acheminer depuis la Terre, diminuant ainsi les coûts et renforçant l’autonomie d’une future base martienne.
La Chine se lance dans la course à Mars
Cette recherche s’inscrit dans une ambition spatiale chinoise de plus en plus affirmée. En 2021, la sonde Tianwen-1 a fait de la Chine la deuxième nation, après les États-Unis, à avoir réussi à poser un engin non habité sur Mars, rappellent nos confrères. La mission Tianwen-3, prévue autour de 2028, a pour objectif de rapporter sur Terre au moins 500 grammes d’échantillons martiens d’ici 2031, une première dans l’histoire de l’humanité selon son concepteur en chef Liu Jizhong.
Des défis techniques subsistent néanmoins, comme le fait de collecter et comprimer l’atmosphère. Cette dernière étant très ténue sur Mars, cet aspect demeure un obstacle majeur.
Par Article de Jeanne Martin (MSN)
Lu pour vous, la rédaction