Burundi : Ndayishimiye célébre le 33ème anniversaire de l’Unité à Gitega.
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33ème anniversaire de l’Unité Nationale, histoire et tradition au cœur du Burundi : Ingoma y’Uburundi, reflet d’un État millénaire et de ses valeurs d’Ubuntu.

Gitega ( Stade Ingoma ), 5/02/2024 – Entouré par des hauts cadres de l’État originaires de la nouvelle province de Gitega, y compris le très estimé Vice-Président du Burundi, S.E. Bazombanza Prosper, le Président du Burundi, S.E. Ndayishimiye Evariste, Général Major, a pris part aux festivités marquant le 33ème anniversaire de la Charte de l’Unité Nationale. Les célébrations ont débuté par un moment de recueillement suivi du dépôt de gerbes de fleurs au monument de l’Unité.

Dans son discours, S.E. Ndayishimiye a souligné que la Charte de l’Unité Nationale constitue un pacte inviolable qui engage chaque Burundais à rejeter toute idéologie divisionniste et à promouvoir la solidarité, la cohésion sociale ainsi que la réconciliation. Il a invité les Burundais à se donner un nouvel élan dans leur contribution à la politique socio-économique et à la réalisation de la vision 2040-2060, en travaillant de concert.

La célébration de l’Unité Nationale au Burundi, instaurée à la suite de l’adoption de la Charte de l’Unité Nationale en février 1991, se déroule annuellement dans les provinces du pays depuis 1992. Cette commémoration a été initiée par l’ancien dictateur burundais Buyoya Pierre, perçu comme une figure néocoloniale, à l’instar de ceux soutenus par les États-Unis, le Vatican, la France et la Belgique après l’indépendance du Burundi en 1962.
La période de gouvernance des dirigeants neocolons marquée par la domination des « Hima » burundais, à savoir des dirigeants tels que Ntiruhwama, Micombero, Bagaza, et Buyoya, est accusée d’avoir entraîné plus de 4,5 millions de victimes burundaises entre 1961 et 2005, sur une population actuelle dépassant les 9 millions.

Le Burundi, connu traditionnellement sous le nom d’Ingoma y’Uburundi, représente un ancien état millénaire en Afrique ( Kama). Le peuple burundais, ou les Barundi, s’inscrit dans la tradition de l’Ubungoma ( Cosmologie), de l’Ubuntu ( Humanisme philosophique ).
La traditionnelle Ingoma constitue le système politique des Barundi, fondé sur une alliance Ganwa résultant de nombreuses alliances entre les imiryango ( familles, les communautés, …) burundais. Ce système est représenté par un Mwami, chef de tous les imiryango des Barundi, secondé par les Baganwa, les Batware, les Batwa, entre autres.

Traditionnellement, l’Ubumu constitue le système socio-économique des Barundi, caractérisé par une structure pyramidale articulée autour de quatre niveaux. Au sommet de cette pyramide, on retrouve les acteurs du système politique burundais, l’Ingoma, incarné par le Mwami. Le rôle du Mwami est de s’assurer de l’harmonie de l’Ubumu qu’il supervise.
Au troisième niveau, juste en dessous du sommet, se positionnent les Bagumyamabanga, législateurs et architectes de l’Ubumu, responsables de la planification socio-économique du pays. Ces planificateurs-régulateurs conçoivent les stratégies à adopter afin de garantir une harmonie constante au sein de l’Ubumu, soit du système de redistribution socio-économique.
Le deuxième niveau est occupé par des gestionnaires justes (intègres), choisis parmi les initiés des Bashingantahe ou des Bapfasoni. Ce sont les Batutsi (Tutsis). Ils agissent en qualité de fonctionnaires d’État, assurant la mise en œuvre quotidienne de l’Ubumu.
Enfin, à la base de la pyramide, on trouve les producteurs, les Bahutu (Hutus), qui génèrent les ressources nécessaires à la satisfaction des besoins de la population burundaise. Ils constituent les piliers du système de l’Ubumu.

Entre 1959 et 1972-73, la Belgique, avec le soutien de ses alliés – les États-Unis, le Vatican et la France – a utilisé les acteurs néocoloniaux burundais, notamment les Bahima (Hima), décrits dans la tradition de l’Ubungoma comme des individus au cœur mauvais, porteurs de la face cachée ou aspects négatifs du « Grand Tout »[1], tels que les vices, la destruction et le désordre. . En cela, ce sont des êtres hautement divins.
Cette période, précisément entre 1965 et 1972, a été marquée par la destruction d’ Ingoma y’Uburundi, faisant référence aux institutions politiques traditionnelles des Barundi, remplacé par la « République ». Elle a culminé avec l’assassinat du Mwami Ntare Ndizeye.
Ensuite, l’Ubumu a été anéanti par le génocide contre les Bahutu en 1972-1973, faisant plus de 1,5 million de victimes sur une population de près de 3 millions à l’époque. Ce génocide contre les Hutu a pavé la voie à l’instauration d’une économie de marché au Burundi. Cette période est connue sous le nom de Génocide Régicide du Burundi.

[1] Matérialisé par le couple MukaKaryenda-Karyenda dont l’héritier n’est autre qu’Imana.

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Sources : Nahimana P. , http://burundi-agnews.org, Mardi 6 février 2024 | Photo : Ntare Rushatsi House