Burundi, RDC, Rwanda : Le CIRID sollicite la CIRGL pour relancer le dialogue pour la paix

SOCIETE CIVILE
 
Le CIRID sollicite la CIRGL pour présenter une initiative citoyenne d’un plan de paix régional basé sur la tradition de l’arbre à palabre des Bataka pour résoudre les crises dans les Grands Lacs.
 
Bujumbura, 5/01/2026 – Alors que la crise des Grands Lacs risque de sombrer dans l’oubli d’un monde préoccupé par d’autres urgences, le CIRID lance une initiative originale. Cette organisation burundaise, dotée d’un statut consultatif auprès de l’ONU, entend faire émerger un plan de paix visionnaire, porté par la société civile et ancré dans la tradition.
 
Hakizimana Deo, président-fondateur du CIRID (Centre indépendant de Recherches et d’Initiatives pour le Dialogue), a adressé une lettre au Secrétaire Général de la CIRGL  [ https://burundi-forum.org/wp-content/uploads/2026/01/Lettre-au-SG-CIRGL.pdf ] pour solliciter une audience. Il y expose une proposition modeste mais résolue : mobiliser les structures traditionnelles encore vivaces pour offrir une solution concrète à la région. La lettre, datée du 5 janvier, insiste sur l’urgence d’agir avant que les « silences complices » ne condamnent les populations à de nouvelles souffrances. Elle est pour une tradition diplomatique endogène.
 
Au Burundi, le CIRID forme déjà des jeunes universitaires aux métiers de la diplomatie, mais son ambition va plus loin. Il s’appuie sur une mémoire historique longue de plusieurs millénaires. Autrefois, le Burundi – Ingoma y’Uburundi[1] était une dyarchie millénaire fondée sur l’ « Ingoma (le Tambour) Sacré » Karyenda, incarné par Mukakaryenda (la femme Tambour), et sur le Mwami, chef suprême des Bataka, ces chefs de lignées qui structurent la société burundaise. Au XVᵉ siècle, cet État rayonnait à travers l’Empire Mwene Mwezi, vaste ensemble territorial couvrant l’actuelle Tanzanie, le nord du Mozambique, le Malawi, l’est de la RDC, l’Ouganda, le Kenya, le Soudan,le sud de l’Ethiopie et la Somalie. Partout, des citoyens burundais y vivaient en diaspora [2], souvent suite à des mariages (Ubugeni) [3] entre miryango, obéissant à un Mwami administratif local [4] tout en restant fidèles au Mwami spirituel d’Ingoma y’Uburundi, là où se trouvaient leurs Itongo – ces terres sacrées familiales qui ancrent l’identité.
 
« L’arbre à palabre » reste une solution à portée de main. La paix durable dans les Grands Lacs passe par le rassemblement des Bataka – ces chefs de lignées respectés – issus des États en conflit. Ensemble, selon la tradition, ils pourraient décider de ce qui est possible et redonner du sens à un dialogue interrompu. C’est en refondant cette parole collective que l’on recréera la confiance dans la région.
 
Références :
[1] Nahimana Karolero Pascal, Histoire du Burundi : Les grandes dates de l’histoire des Barundi et de l’État millénaire africain – Ingoma y’Uburundi, Bruxelles, Génération Afrique, 2024. | https://nahimanakarolero.com
[2] Nahimana, Karolero Pascal, Burundi : La diaspora burundaise : Du monde, de Belgique et d’ailleurs – Histoire, trajectoires et ancrage , Bruxelles, Génération Afrique, 2025. | https://nahimanakarolero.com
[3] Barengayabo Marc, La dot matrimoniale au Burundi, Pontificia Universitas Lateranensis, 1975, 219 p.
[4] Burundi / RDC : De Mutware à Mwami – Qui est Kinyoni II Félix, chef des Barundi au Congo ? https://burundi-forum.org/110731/burundi-rdc-de-mutware-a-mwami-qui-est-kinyoni-ii-felix-chef-des-barundi-au-congo/    Consulté le 6 janvier 2026
 
 
DAM, NY, AGNEWS, http://burundi-agnews.org , Mardi 6 janvier 2026 | Photo : CIRID
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