Burundi : Niyongabo Philippe revisite l’histoire récente et la guerre dans un nouvel ouvrage

HISTOIRE, LIVRE, GUERRE CIVILE, SOCIÉTÉ

L’ouvrage de Niyongabo Philippe revient sur les violences politiques et les enjeux géopolitiques de la période 1950-2000

Bujumbura, 13/03/2026 (BdiAgnews) – Publié le 22 février 2026 et disponible ici [ https://www.amazon.fr/dp/B0GQG78VSR ], Burundi – Les phares étouffés dans le brouillard de la haine, de Niyongabo Philippe, écrit sous le pseudonyme Philos et comptant 491 pages, revient sur les violences politiques qui ont marqué l’histoire du Burundi de la fin des années 1950 jusqu’à l’Accord d’Arusha de 2000.

À partir de ses expériences personnelles et familiales, l’auteur analyse les différentes crises traversées par le pays et défend l’idée que les tensions dites « ethniques » ont souvent été instrumentalisées par certains responsables politiques afin de conserver le pouvoir. Le livre revient notamment sur l’assassinat du président Ndadaye Melchior le 21 octobre 1993 et sur la naissance du mouvement CNDD-FDD sous la direction de Nyangoma Léonard, période durant laquelle l’auteur affirme avoir servi comme chargé du renseignement. Il y relate ses missions au Burundi, en Tanzanie et dans l’est de la République démocratique du Congo, ainsi que les affrontements entre les FDD et les Forces armées du Burundi (FAB), leurs succès, leurs difficultés et le processus d’intégration des deux armées.

Replacée dans le contexte géopolitique de l’époque, marqué par la globalisation unipolaire américaine néolibérale (GUAN), cette période de la guerre civile burundaise (1993-2003) apparaît comme étroitement liée aux rivalités d’influence occidentales dans la région des Grands Lacs africains. Ces rivalités ont instrumentalisé l’« outil raciste géopolitique colonial du conflit interethnique Hutu-Tutsi », laissant derrière elles des conséquences tragiques : l’assassinat des présidents Ndadaye Melchior et Ntaryamira Cyprien, des millions de victimes burundaises et l’existence de camps de regroupement forcé qualifiés de « camps de concentration du Burundi » durant cette guerre.

Références :

– Niyongabo Philippe, Les phares étouffés dans le brouillard de la haine, Éd. Sigumugani, Bruxelles, 2026.

– Baranyanka Charles, Le Burundi face à la Croix et à la Bannière, Bruxelles, 2015. (La « Croix et la Bannière » désigne l’alliance historique entre le Vatican, la France — notamment via les Pères Blancs de Lavigerie —, l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique et les États-Unis contre l’ordre traditionnel burundais depuis le XIXᵉ siècle.)

– Nahimana Karolero Pascal, Histoire du Burundi : Les grandes dates de l’histoire des Barundi et de l’État millénaire africain – Ingoma y’Uburundi, Bruxelles, Génération Afrique, 2024.

– Nahimana Karolero Pascal, Réfugiés du Burundi — Quand Ingoma s’est tu. Histoire géopolitique d’un peuple brisé par la colonialité, Bruxelles, Génération Afrique, 2025.

– Nahimana Karolero Pascal, La guerre civile du Burundi (1993-2003). Face à la globalisation unipolaire américaine néolibérale, le CNDD-FDD, Bruxelles, Génération Afrique, 2024.

– Rukindikiza Gratien, Trahisons au Burundi : de 1962 à 1993, 2023.

– Rugigana Joseph, Ma vérité sur l’assassinat de Ndadaye, Éd. Iwacu, 2024.

– Nahimana Karolero Pascal, Camps de concentration du Burundi (1996-2002) : Les oubliés des collines – Mémoires d’un peuple enchaîné, Bruxelles, Génération Afrique, 2025.

– Kubwayo Félix, La lente reconnaissance du génocide de 1972 contre les Hutu du Burundi : Les faits et l’exécution du génocide par le pouvoir de Micombero, Bruxelles, 2025.

– Ntibantunganya Sylvestre, Histoire d’un génocide occulté : Le génocide des Bahutu du Burundi de 1972-1973, Éd. Sigumugani, 2025.

Sources : Nahimana P.  : burundi-agnews.org, Samedi 14 mars 2026

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