Burundi , ONU / Afrique : La traite négrière reconnue comme crime le plus grave contre l’humanité

GÉOPOLITIQUE, HISTOIRE, AFRIQUE

Un vote historique de l’ONU marque un tournant symbolique dans la reconnaissance des crimes liés à l’esclavage et à la colonisation.

New York (ONU), 25 mars 2026 (BdiAgnews) –  Depuis le 19ème siècle, marqué par la colonisation ayant profondément affecté des États comme Ingoma y’Uburundi, l’Afrique demeure confrontée aux héritages de la « colonialité », dans un contexte où les débats mémoriels et historiques connaissent un tournant majeur ; ce 25 mars 2026, à l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution historique qualifiant la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé de « crimes les plus graves contre l’humanité », une initiative portée par le Ghana au nom du Groupe africain et adoptée par 123 voix pour, 3 contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions, dont l’ensemble des États membres de l’Union européenne ainsi que le Royaume-Uni ; cette reconnaissance s’inscrit dans une dynamique continentale renforcée, notamment en février 2025 lorsque l’Union africaine (UA) a officiellement qualifié l’esclavage, la déportation et la colonisation de crimes contre l’humanité et d’actes de génocide contre les peuples africains, une décision adoptée le 16 février lors de la 38ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement à Addis-Abeba et marquant un tournant dans la quête de justice historique pour le continent ; bien que cette reconnaissance internationale demeure juridiquement non contraignante, en raison notamment du principe de non-rétroactivité du droit pénal, elle constitue une avancée symbolique et politique majeure dans la construction d’une mémoire collective globale, tout en relançant les débats sur les réparations, les excuses officielles, les compensations en faveur des descendants des victimes, la restitution des biens culturels et la lutte contre le racisme, dans un monde en recomposition multipolaire où les enjeux de justice historique occupent désormais une place centrale.

Références :

– Baranyanka Charles, Le Burundi face à la Croix et à la Bannière, Bruxelles, 2015. (La « Croix et la Bannière » désigne l’alliance historique entre le Vatican, la France — notamment via les Pères Blancs de Lavigerie —, l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique et les États-Unis contre l’ordre traditionnel burundais depuis le XIXᵉ siècle.)
– Nahimana Karolero Pascal, Histoire du Burundi : Les grandes dates de l’histoire des Barundi et de l’État millénaire africain – Ingoma y’Uburundi, Bruxelles, Génération Afrique, 2024.
– Nahimana Karolero Pascal, Réfugiés du Burundi — Quand Ingoma s’est tu. Histoire géopolitique d’un peuple brisé par la colonialité, Bruxelles, Génération Afrique, 2025.

 

Sources : Nahimana P. : burundi-agnews.org, Mardi 31 mars 2026 | Photo :  ONU , Adama Tembley

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