Entre foi chrétienne et mémoire historique, un geste présidentiel qui interpelle une partie de l’opinion.
Gitega, 3 avril 2026 (BdiAgnews) – À l’occasion du Vendredi saint, le 3 avril 2026, le Chef de l’État burundais, S.E Ndayishimiye Évariste, Général Major, connu pour sa foi chrétienne, s’est joint à sa famille ainsi qu’aux fidèles du monde entier pour commémorer la Passion du Christ en participant au Chemin de Croix, un moment de recueillement centré sur le sacrifice du Christ et le salut de l’humanité ; cependant, depuis 2020, ce geste annuel consistant notamment à porter la croix suscite des réactions contrastées au sein de la société burundaise, où certaines voix expriment un malaise lié à la mémoire historique, rappelant que l’introduction du christianisme s’inscrit dans un contexte colonial ayant profondément marqué Burundi depuis le 19ème siècle ; pour ces sensibilités, ce symbole religieux reste associé à une période perçue comme celle de la « croix et la bannière », évoquant une confrontation entre les structures traditionnelles d’Ingoma y’Uburundi et les influences extérieures, ce qui confère à ce geste une portée dépassant le cadre strictement spirituel ; dans ce contexte, cette célébration met en avant la coexistence, parfois délicate, entre les pratiques religieuses contemporaines et les héritages historiques encore vivaces dans la mémoire collective des Barundi.
Références :
– Nahimana Karolero Pascal, Histoire du Burundi : Les grandes dates de l’histoire des Barundi et de l’État millénaire africain – Ingoma y’Uburundi, Éditions Génération Afrique, 2024. 🔗 https://nahimanakarolero.com
– Baranyanka Charles, Le Burundi face à la Croix et à la Bannière, Bruxelles, 2015. (« La Croix et la Bannière » désigne l’alliance historique entre le Vatican, la France – notamment via les Pères Blancs de Lavigerie –, l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique et les États-Unis contre l’ordre traditionnel burundais depuis le XIXᵉ siècle.)
– En février 2025, l’Union africaine (UA) a qualifié officiellement l’esclavage, la déportation et la colonisation de crimes contre l’humanité et d’actes de génocide contre les peuples africains. Cette décision, adoptée le 16 février lors de la 38ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement à Addis-Abeba, marque un tournant dans la quête de justice historique pour le continent.
DAM, NY, AGNEWS : burundi-agnews.org, Vendredi 3 avril 2026 | Photo : Ntare Rushatsi House