Lettre à Honorable Olivier Suguru: Ton beau-frère Ngoga insulte le Burundi depuis le Rwanda il faut lui dire la vérité!

Société

Il est des fractures que l’on croyait refermées par la volonté d’un peuple et la sagesse des Accords d’Arusha. Il est des douleurs que l’on pensait apaisées par le dialogue et le partage équitable du pouvoir. Pourtant, il suffit parfois d’une seule publication sur un réseau social, émanant d’un homme frustré, pour tenter de rouvrir ces blessures. Sous un ciel gris de Bujumbura, alors que le pays avance, une ombre plane : celle d’un fonctionnaire de l’Union africaine frustré semant la haine à distance. Face à cela, nous nous adressons à vous, Honorable Olivier Suguru, non seulement parce que vous êtes l’un des profiteurs de l’économie et de la politique burundaise, mais surtout parce que le calomniateur est votre beau-frère.  Aujourd’hui, la raison doit parler plus fort que les liens du sang.  

A l’Honorable Olivier Suguru, Député à l’Assemblée Nationale, Président de la Chambre Fédérale de Commerce et de l’Industrie du Burundi (CFCIB), Vice-président du comité de pilotage de PRETE-NYUNGANIRA (Banque mondiale).

Honorable Monsieur,

Nous prenons la plume dans un moment où la dignité nationale est mise à l’épreuve par des propos que vous ne pouvez, en conscience, ignorer. Votre beau-frère, Monsieur Frederic Gateretse-Ngoga, fonctionnaire à l’Union Africaine, s’est livré le 27 mai 2026 à une triste cabale sur le réseau social X. Sous couvert d’un pseudo-plaidoyer pour la justice, il a osé écrire que la « discrimination contre les communautés Tutsis existe encore au Burundi », ajoutant même que les « insultes » qu’il recevrait prouveraient qu’il a raison.

Monsieur le Député, cette déclaration est un crachat sur notre Constitution, un déni des sacrifices de nos pères et une insulte à votre propre parcours. Vous qui siégez dans les plus hautes instances du pays, vous avez le devoir sacré de faire taire ce bourdon.

  1. La preuve par l’exemple : Suguru, un « opprimé » qui dirige le commerce et l’industrie

Avant même de parler des textes de loi, regardez votre propre reflet dans le miroir, Honorable Suguru. Sur quel fondement votre beau-frère ose-t-il parler de discrimination alors que vous, Tutsi, incarnez la réussite et l’accès au pouvoir dans le Burundi d’aujourd’hui ?

Nous avons mené notre enquête, et voici ce que nous avons trouvé. Loin d’être un « pauvre opprimé », le cercle familial que vous représentez est aux commandes :

  • Vous êtes Député : Vous siégez à l’Assemblée Nationale, votant les lois et contrôlant l’action du gouvernement ;
  • Vous présidez la CFCIB : Vous êtes le patron du patronat burundais. Qui discrimine un homme qui gère les flux commerciaux et économiques de tout un pays ? 
  • Vous gérez les fonds de la Banque mondiale : En tant que vice-président du comité de pilotage de PRETE-NYUNGANIRA, vous décidez de l’orientation des crédits internationaux. 

Mais ce n’est pas tout. Votre influence ne s’arrête pas là. Non content d’avoir le pouvoir économique et législatif, votre épouse dirige une banque. Oui, Madame Suguru est à la tête de la BGF (Banque de Gestion et de Financement). Au Burundi, une femme tutsie à la tête d’une banque, un député tutsi à l’Assemblée, un proche aux commandes des fonds de la BM : Où est la discrimination, Monsieur Ngoga ? Est-ce parce que vous n’avez pas eu votre passeport diplomatique ? Est-ce parce que vos ambitions pour le ministère de la Défense ou la Vice-présidence ont échoué ?

Rappelons-le à votre beau-frère : l’échec d’une ambition personnelle ne constitue pas une discrimination ethnique systémique. Il y a actuellement des Tutsis probes à ces postes qu’il convoitait ; il n’est pas plus tutsi qu’eux, ils sont juste plus compétents et loyaux que lui.

  1. Les quotas ethniques : Une réalité contrairement aux mensonges de Ngoga

Monsieur Suguru, votre beau-frère vit probablement dans un monde virtuel. Au Burundi, la réalité des institutions est transparente. Dites-lui de poser ses valises de frustré et de regarder les chiffres.

Sous la présidence de Son Excellence Évariste Ndayishimiye, les Accords d’Arusha sont respectés à la lettre, voire dépassés :

  • Un pouvoir équilibré : L’Exécutif est dirigé par un Hutu, le Législatif par un Hutu, et le Judiciaire par un Tutsi ;
  • Un gouvernement inclusif : Le gouvernement respecte scrupuleusement la répartition 60% Hutu / 40% Tutsi. Mieux encore, pour la première fois peut-être, un Ministre Mutwa (à la Justice) a été nommé, prouvant que l’inclusion va bien au-delà du simple dualisme Hutu-Tutsi ;
  • L’Assemblée Nationale et la Sécurité : Les sièges à l’Assemblée respectent les quotas. Quant aux Forces de Défense et de Sécurité, nous savons tous, car c’est une fierté nationale, qu’elles appliquent strictement la règle du 50% Hutu – 50% Tutsi.

Votre beau-frère parle de « certains contextes » pour justifier son mensonge. Quels contextes ? Ceux où il ne peut pas abattre l’unité nationale pour des intérêts personnels ? Il est temps de lui rappeler qu’aujourd’hui, les quotas ethniques sont respectés même dans les postes non politiques dans les recrutements au Burundi. Alors, l’Etat tutsi discriminé ? C’est une fable.

  1. Les voix de la raison : Munezero et Butoyi donnent la leçon

Votre beau-frère n’est pas seul au monde. D’autres Tutsis responsables, contrairement à lui, ont déjà pris la parole pour le désavouer. Nous vous invitons à lui transmettre ces messages.

La Secrétaire Nationale du CNDD-FDD chargée de la communication, Doriane Munezero (elle aussi Tutsi, rappelons-le), a remis les pendules à l’heure :

« Il est préoccupant de constater que certaines voix, souvent éloignées et déconnectées des réalités quotidiennes du Burundi, persistent à instrumentaliser la question ethnique […] Tenter de raviver des fractures et blessures du passé, pour des calculs politiques mesquins, est d’une grave irresponsabilité. »

Et que dire de la Ministre de la Communication, Evelyne Butoyi ? Elle a eu cette phrase pleine de dignité à l’égard de Ngoga :

« My brother, I am saddened by your message […] Today, reconciliation among Burundians is a reality. »

Monsieur Suguru, ces femmes vous montrent le chemin. Elles n’ont pas cherché de passeport diplomatique. Elles ont défendu leur patrie.

  1. Le complexe du passeport et le dénigrement systématique

Puisque nous parlons d’honnêteté intellectuelle, il faut crever l’abcès. Pourquoi Ngoga crache-t-il autant de fiel ? Serait-ce une histoire de passeport diplomatique ?

Nous avons appris que Ngoga aurait cherché à obtenir ou renouveler un passeport diplomatique et que cette demande lui aurait été déclinée. Il n’en aurait plus le droit légalement. C’est un fait administratif banal, qui arrive à des milliers de fonctionnaires internationaux dans le monde.

Mais voilà : de la même manière que le refus d’un poste de ministre justifierait selon lui une « discrimination », le refus d’un sésame de voyage justifie aujourd’hui un réquisitoire contre la nation entière.

Qu’on se le dise : Un désaccord administratif ne justifie pas un appel à la haine ethnique.

Aimer son pays, ce n’est pas le prendre en otage parce qu’on n’a pas obtenu ce que l’on voulait. Le Burundi n’est pas une chambre d’hôte pour ambitions personnelles déçues. Si Ngoga veut voyager, qu’il utilise un passeport ordinaire, comme des millions de Burundais respectables.

  1. Le Burundi versus le Rwanda : La supériorité de notre modèle

Enfin, Monsieur le Député, permettez-moi de conclure sur une comparaison que votre beau-frère, emballé par ses émotions, oublie volontairement.

Au Rwanda, les Accords d’Arusha de 1993 ont été enterrés. Littéralement. Les recherches historiques montrent que le processus de paix rwandais a été dévié, piétiné, avant de sombrer dans le génocide de 1994. Aujourd’hui, ce qui reste de ces accords au Rwanda n’est qu’un souvenir lointain, remplacé par un cadre politique radicalement différent.

Au Burundi, nous les mettons en œuvre. Malgré les difficultés, malgré les révisions constitutionnelles (débattues dans le cadre légal), l’esprit de partage du pouvoir d’Arusha est notre pain quotidien. Le savant équilibre 60/40 tient. Le respect des quotas tient.

Dites à votre beau-frère que le Burundi est bien plus avancé que le Rwanda en matière de réconciliation institutionnelle, précisément parce que nous avons choisi la complexité du compromis plutôt que la simplicité de l’uniformisation.

Appel à un démenti formel

Honorable Olivier Suguru, l’histoire jugera. Elle retiendra que pendant que certains cherchaient à ranimer les vieux démons, d’autres faisaient tourner l’économie et votaient les lois.

Nous vous demandons solennellement d’user de votre influence fraternelle pour faire taire ces sirènes. Apportez un démenti formel. Dites à Ngoga qu’ici, un Tutsi peut être député, banquier, patron du patronat et même marié à une présidente de banque sans jamais subir la moindre humiliation.

Conseillez-lui la prudence. Le Burundi est comme un jardin qui a beaucoup souffert des feux de brousse. Aujourd’hui, il reverdit. Un seul mégot jeté négligemment par un frustré amer pourrait tout ravager. Qu’il garde ses frustrations pour les salons feutrés de l’Union Africaine, mais qu’il n’emmerde pas la terre de ses ancêtres avec ses mensonges.

Monsieur Olivier Suguru, ton beau-frère Ngoga insulte le Burundi depuis le Rwanda : ose lui dire la vérité ou tais-toi à jamais !

Respectueusement, mais fermement,

Jean Jolès Rurikunzira