Burundi / Santé : faut-il interdire les alcools fortement dosés, voire frelatés ?

SANTÉ PUBLIQUE, ADDICTIONS, ÉCONOMIE, RÉGULATION, SOCIÉTÉ

Les boissons fortement alcoolisées, vendues à bas prix, constituent désormais l’un des principaux défis sanitaires et sociaux du Burundi. Entre impératifs de santé publique et recettes fiscales, les autorités cherchent un équilibre.

Bujumbura, 9/07/2026 (BDIAGNEWS) — Depuis plusieurs mois, les autorités burundaises multiplient les mesures destinées à limiter la consommation des boissons fortement alcoolisées, notamment les spiritueux commercialisés sous différentes marques telles que Kick, Snaapse, ou d’autres boissons conditionnées dans de petites bouteilles en plastique. Vendus à très faible coût et présentant des teneurs en alcool pouvant atteindre 40 à 45 %, ces produits préoccupent désormais les autorités sanitaires, les administrations locales, les parlementaires ainsi que les organisations de consommateurs.
Dans plusieurs provinces, notamment Gitega, Buhumuza, Rumonge et Bujumbura, des opérations de saisie et de destruction de stocks, ainsi que des restrictions de vente, ont été engagées. Certaines communes ont interdit leur commercialisation ou limité leurs horaires de vente afin de réduire leur consommation, particulièrement chez les jeunes.
Les spécialistes de santé alertent sur les conséquences de ces boissons : viols, décès, dépendance rapide, maladies hépatiques, Cancers, troubles psychiatriques, violences intrafamiliales, accidents, déscolarisation, baisse de productivité et aggravation de la pauvreté. Ils rappellent également que certaines productions clandestines peuvent présenter des risques supplémentaires lorsque les normes de fabrication ne sont pas respectées.
Le débat prend également une dimension économique. Selon les informations communiquées devant l’Assemblée nationale, la boisson Kick aurait généré plus de 6 milliards de BIF (environ 2 millions USD) de recettes fiscales durant la première moitié de l’exercice budgétaire 2025-2026. Plusieurs députés estiment toutefois que les impératifs de santé publique doivent prévaloir sur les intérêts financiers. De son côté, le gouvernement privilégie pour l’instant un renforcement de la fiscalité et des contrôles plutôt qu’une interdiction générale de la production.
Le Bureau Burundais de Normalisation et de Contrôle de la Qualité (BBN) poursuit les inspections auprès des producteurs et des distributeurs afin de vérifier la conformité des produits commercialisés. Plusieurs organisations de la société civile plaident parallèlement pour un encadrement plus strict des boissons fortement alcoolisées, estimant que leur prolifération constitue aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique.
Certaines associations demandent leur interdiction pure et simple, au nom de la santé publique, de la paix des ménages burundais, et des milliers de petites gens qui meurent annuellement dans la plus grande indifférence des autorités.

Sources : Nahimana P. , BDIAGNEWS | burundi-agnews.org | 9 juillet 2026 | Photo : Burundi Alcohol Policy Alliance (BAPA)

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