Burundi / Église : Mgr Banshimiyubusa annonce l’ouverture de l’Université catholique à Bujumbura

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L’archidiocèse de Bujumbura ouvre son année pastorale en plaçant l’éducation et le développement intégral au cœur de son action.

Bujumbura, 19/09/2026 (BDIAGNEWS) – À la cathédrale Regina Mundi, Mgr Banshimiyubusa Gervais a ouvert l’année pastorale sous le signe du partage et du développement intégral. Affirmant qu’« il n’y a pas de pauvreté plus grande que l’ignorance », l’archevêque a annoncé le lancement, pour début octobre, du campus de Bujumbura de l’Université catholique du Burundi. La cérémonie marquait également le 26e anniversaire de son ordination épiscopale, en présence du vice-président S.E. Bazombanza Prosper et de son épouse, ainsi que de plusieurs dignitaires.

Cette ouverture intervient dans un contexte où l’héritage de l’évangélisation et de la colonisation continue de faire débat. Plusieurs auteurs, cités en références, y voient une domination exercée dès le 19ème siècle sur l’ordre traditionnel du Burundi, Ingoma y’Uburundi. Les théoriciens décoloniaux parlent de « colonialité du savoir » pour désigner la persistance de ce type de domination, notamment dans l’enseignement.

Avant la colonisation, il y avait l’ordre du tambour, Ingoma. Selon les auteurs cités en références, le Burundi, Ingoma y’Uburundi, repose sur l’Ubungoma (cosmologie du tambour, la Vérité), l’Ubuntu (humanisme des êtres-tambour), Ingoma (État-tambour, système politique) et l’Ubumu (système socio-économique ; « mu » = Mukakaryenda, la femme-tambour), sans recours à l’outil raciste et géopolitique colonial du « conflit interethnique Hutu-Tutsi ». Pour ces auteurs, le Burundi est confronté depuis le 19ème siècle à la « colonialité » exercée par « la Croix et la Bannière », dans le prolongement d’une domination mondiale que les théoriciens décoloniaux font remonter au 15ème siècle.

La colonisation a été un crime contre l’humanité. En février 2025, l’Union africaine a officiellement qualifié l’esclavage, la déportation et la colonisation de « crimes contre l’humanité » et de génocide contre les peuples africains. Cette décision a été adoptée le 16 février 2025 à Addis-Abeba, lors de la 38e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, et confirmée lors du 39e sommet, les 14 et 15 février 2026. Le 25 mars 2026, à l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté la résolution 80/250, qui qualifie la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains de « plus graves crimes contre l’humanité ».

Références

– Baranyanka, Charles. Le Burundi face à la Croix et à la Bannière. Bruxelles, 2015. ( L’expression « la Croix et la Bannière » désigne l’alliance historique entre le Vatican, la France (notamment via les Pères blancs de Lavigerie), l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique et les États-Unis contre l’ordre traditionnel burundais depuis le 19ème siècle.)

– En février 2025, l’Union africaine a officiellement qualifié l’esclavage, la déportation et la colonisation de crimes contre l’humanité et d’actes de génocide contre les peuples africains — décision adoptée le 16 février 2025 lors de la 38ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement à Addis-Abeba, marquant un tournant dans la quête de justice historique pour le continent. Le 25 mars 2026, à l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté à son tour une résolution qualifiant la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé de « crimes les plus graves contre l’humanité ».

– Nahimana Karolero, Pascal. Histoire du Burundi : Les grandes dates de l’histoire des Barundi et de l’État millénaire africain – Ingoma y’Uburundi. Bruxelles : Génération Afrique, 2024.

– Nahimana Karolero, P. (2026) Histoire des imiryango : Les Bajiji — Abajiji, Bajiji, Wajiji, Jiji : Du Burundi au Mwene Mwezi : À l’origine de l’Ubungoma, d’Ingoma et de l’Ubumu : Cosmologie, État et système socio-économique du tambour sacré, Bruxelles, Génération Afrique.

– Nahimana Karolero, P. (2026). Ubungoma – Cosmologie du tambour, Ingoma : Cosmologie du son. Bruxelles : Ingoma Editions.

– Nahimana, Karolero Pascal. Réfugiés du Burundi — Quand Ingoma s’est tu : Histoire géopolitique d’un peuple brisé par la colonialité. Bruxelles : Génération Afrique, 2025.

–  Ntabona, A. (2020). L’Ubuntu (humanité réussie) : Ses roses et ses épines au Burundi. Bujumbura : Éditions du CRID.

– Kentey Pini-Pini Nsasay. Tribunal de l’Histoire africaine, Tome 1 : Réquisitoire contre l’Europe christianisée, en hommage à E. D. Morel (1873-1924/2024). Collection Historiographie du Monde contemporain. Douala : Éditions Cheikh Anta Diop (Edi-CAD), 2024.

– Kentey Pini-Pini Nsasay. Tribunal de l’Histoire africaine, Tome 2 : L’hérésie d’être noir. La Papauté, son Europe et l’Hécatombe Bato/Ba-Indo (La Papauté, son Europe et leur terrorisme contre les Noirs). Diagnostic exogène de la crise africaine. Avec résumés en kiyansi, peul et kirundi. Paris : Renaissance Nubienne Éditions / Éditions Dagan, 2025.

       

          

Sources : Nahimana P. , BDIAGNEWS | burundi-agnews.org | 21/09/2026 | Photo : RTNB

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