Burundi / Diaspora – Belgique : à Liège, l’abbé Ntabona Adrien enseigne la « positivation » d’« ishavu»

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À Liège, le professeur-abbé  Ntabona Adrien a consacré un enseignement à la « positivation de la souffrance ». Puisant dans les Imyigovyooro, les proverbes des Barundi et la sagesse des Bashingantahe, il a expliqué comment travailler « ishavu » par la maîtrise de soi, l’humour thérapeutique et la conciliation.

Liège (Belgique), 30/09/2026 (BDIAGNEWS) – Chez les Sœurs Clarisses, rue de Robermont, en présence de nombreux membres du Conseil des Bashingantahe en Belgique, auteur de nombreux ouvrages,  le professeur-abbé Ntabona Adrien  a animé une rencontre intitulée « Les Bashingantahe et la positivation de la souffrance, d’après un genre littéraire burundais appelé Imyigovyooro ».

S’adressant à la diaspora burundaise, il a invité les Bashingantahe et l’ensemble des Barundi vivant à l’étranger à partager les valeurs de l’Ubuntu avec les populations des pays qui les accueillent. L’Ubushingantahe n’est donc pas présenté comme un héritage à conserver uniquement entre Barundi, mais comme une sagesse à faire vivre dans les relations humaines, partout où ils se trouvent.

S’appuyant notamment sur son ouvrage Valeurs et anti-valeurs dans les proverbes du Burundi, il a présenté la souffrance comme une réalité sur laquelle l’être humain peut effectuer un travail intérieur. Au cœur de son enseignement figurait ishavu, une souffrance intérieure qui peut s’exprimer par le chagrin, le ressentiment ou la colère. La démarche évoquée, notamment à travers kwisinda ishavu, consiste à ne pas se laisser dominer par cette souffrance, mais à la travailler intérieurement.

Dans cet enseignement, les Imyigovyooro constituent une ressource culturelle permettant aux Barundi de prendre de la distance avec l’épreuve. L’humour thérapeutique contribue à cette transformation : face à une situation pénible, il s’agit de parvenir à « tirer du bon de ce qu’il y a de mauvais ». La patience, la maîtrise de soi et le travail sur l’umutima, c’est-à-dire l’intériorité, participent à cette recherche d’apaisement.

Ntabona Adrien a conclu en rappelant ce que les Bashingantahe peuvent apporter à la société : l’arbitrage des différends, le règlement des questions d’amatongo (terres familiales), Intahe et surtout la conciliation, le guhuza. Face aux difficultés que connaissent ingo (urugo), c’est-à-dire les foyers et les familles, notamment les divorces, les Bashingantahe ont mis en place une commission de conciliation afin d’aider à restaurer le dialogue familial.  Ubushingantahe apparaît ainsi comme une pratique tournée vers la restauration des relations humaines et de l’harmonie communautaire.

Chez les Barundi, le partage de la boisson occupe une place importante dans la vie sociale. La maîtrise de soi s’applique donc aussi à la consommation d’alcool. Ntabona Adrien  a cité à ce propos l’expression kirundi gusoma mu menga gusa : humecter ou tremper à peine ses lèvres dans la boisson, sans véritablement boire. Elle exprime une grande modération, voire une extrême retenue face à l’alcool.

Répondant à une question, le professeur-abbé a également précisé qu’au Burundi, la collaboration entre les Bahuza et les Bashingantahe se porte très bien. Dans certaines situations, a-t-il expliqué, les Bahuza sollicitent l’aide des Bashingantahe, ce qui permet à l’expérience d’Ubushingantahe de continuer à contribuer à la médiation et à la résolution des différends.

Référence : 

NTABONA, Adrien (2026), Valeurs et anti-valeurs dans des proverbes du Burundi. Pistes pour les approfondissements en groupes, Bujumbura, CRID.

Nahimana P., BDIAGNEWS | burundi-agnews.org | 04/10/2026 | Photo : Intahe

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