Le Gouvernement du Burundi et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ont réaffirmé leur engagement à faire de la décentralisation un levier de développement local, de bonne gouvernance et de participation citoyenne. Cette volonté a été exprimée à l’ouverture d’un atelier national consacré à l’analyse du contexte, des défis et des priorités de la décentralisation, après le redécoupage administratif du pays.
Dans son discours, Jean-Claude Nduwayo, Secrétaire permanent au Ministère de l’intérieur, du développement communautaire et de la securité publique, a rappelé que la réforme territoriale engagée par le Gouvernement ne se limite pas à une modification des limites administratives. Selon lui, elle traduit une vision politique visant à construire une administration plus efficace, mieux coordonnée et davantage tournée vers les besoins des populations.
Une réforme au service du développement local
Le Secrétaire permanent a expliqué que le nouveau découpage administratif doit permettre de créer des collectivités territoriales plus fortes, capables de conduire le développement local dans un esprit de proximité, de responsabilité et de redevabilité. Il a toutefois reconnu que toute réforme de cette ampleur nécessite une période d’évaluation et d’ajustement. L’atelier doit ainsi permettre d’identifier les progrès déjà réalisés, les difficultés rencontrées sur le terrain et les solutions à mettre en œuvre pour améliorer le fonctionnement de la gouvernance locale. Les échanges portent notamment sur le renforcement des capacités des administrations territoriales, la clarification des responsabilités entre les différents niveaux de gouvernance, la mobilisation des ressources financières, l’amélioration de la planification locale ainsi que le renforcement de la coordination entre les institutions.
Le PNUD réaffirme son accompagnement
Prenant la parole à son tour, Diallo Taifourou, au nom du Représentant Résident adjoint du PNUD au Burundi, a salué l’engagement du Gouvernement en faveur d’une décentralisation capable de soutenir le développement économique et social du pays. Il a rappelé que cette réforme s’inscrit dans les objectifs du Plan national de développement (PND) 2018-2027 révisé, ainsi que dans la Vision Burundi 2040, pays émergent, et Burundi 2060, pays développé.
Selon Diallo Taifourou, le nouveau découpage administratif offre une occasion de repenser l’organisation territoriale, afin de garantir un meilleur accès aux services sociaux de base, de renforcer la cohésion sociale et d’encourager une plus grande participation des citoyens à la gestion des affaires publiques.
Le PNUD a également réaffirmé sa disponibilité à accompagner les autorités nationales et locales dans le renforcement des capacités institutionnelles, la promotion d’une gouvernance inclusive et le développement durable des territoires.
Vers une feuille de route commune
Les deux intervenants ont insisté sur l’importance du dialogue entre les institutions publiques, les collectivités territoriales, les partenaires techniques et financiers ainsi que les communautés locales. Ils ont appelé les participants à formuler des recommandations concrètes et réalistes, afin d’élaborer une feuille de route capable d’accompagner efficacement la mise en œuvre de la réforme. Une attention particulière devra être accordée aux populations les plus vulnérables, à la participation des femmes et des jeunes, ainsi qu’au renforcement de la paix et de la cohésion sociale dans les nouvelles collectivités territoriales.
À travers cet atelier, le Gouvernement burundais et le PNUD affichent leur ambition commune de bâtir une décentralisation plus efficace, inclusive et durable. Les conclusions des travaux devraient contribuer à renforcer la gouvernance territoriale et à rapprocher davantage les services publics des citoyens, conformément aux ambitions de développement du Burundi à l’horizon 2040 et 2060.
Par Hakizimana Placide