CNDD-FDD Diplomatie Gitega Guerre Géopolitique Guerre Humanitaire INGOMA Revolution de Couleur Sécurité Socio-économique
Israël dépêche une délégation diplomatique au Burundi à l’heure où Gitega s’apprête à prendre la présidence de l’Union africaine.
Gitega, 12 /01/2026 – Dans une ambiance protocolaire mais détendue, le ministre burundais des Affaires étrangères, Bizimana Edouard, a reçu en audience Einat Weiss, ambassadrice d’Israël auprès du Burundi (résidant habituellement au Rwanda), accompagnée de Gershon Kedar, ambassadeur d’Israël auprès de l’Union africaine. Les échanges ont porté sur plusieurs sujets d’intérêt commun : projets énergétiques et miniers, agriculture, environnement, santé, ainsi que technologies de l’information et de la communication (TIC). Au-delà des dossiers techniques, Israël a réaffirmé l’importance qu’il accorde à son amitié avec le Burundi.
Depuis le XIXe siècle, dans la géopolitique des Grands Lacs africains, la « Croix et la Bannière » œuvre à contrôler le Burundi. Cette expression désigne l’alliance historique coloniale entre le Vatican, la France (notamment via les Pères Blancs de Lavigerie), l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique et les États-Unis, hostile à l’ordre traditionnel burundais.
En 2015, une « révolution de couleur » – autrement dit une tentative de coup d’État et de changement de régime – a été organisée contre le pouvoir du CNDD-FDD. L’échec de cette manœuvre a déclenché une « guerre humanitaire » contre le pays, via des sanctions socio-économiques visant à faire basculer la population burundaise dans la révolte par la difficulté économique. Le pays se trouve ainsi étouffé par le manque de devises. Malgré la politique de rapprochement menée depuis 2020 par S.E. le président Ndayishimiye, Général Major, vers ces mêmes puissances, cette guerre par d’autres moyens se poursuit. Dans ce contexte mondial en mutation ( Un monde multipolaire en gestation), le Burundi se positionne comme défenseur de la route de la soie chinoise qui relie le port de Dar es Salaam (Tanzanie) au Katanga (RDC). Quant à Israël, il demeure un allié des États-Unis, tout comme le Rwanda voisin.
Le Burundi, ou Ingoma y’Uburundi, est une antique dyarchie millénaire africaine régie par le Tambour Sacré Karyenda – incarné par la femme-tambour Mukakaryenda – et le Mwami, chef de tous les Bataka (chefs des miryango, ou lignages) barundi et de tous les Barundi. Ce peuple puise sa force dans l’Ubungoma, une cosmologie bâtie sur la pensée à la façon du Tambour Sacré (Ingoma), qui engendre la philosophie humaniste d’Ubuntu.
Références :
-
Baranyanka Charles, Le Burundi face à la Croix et à la Bannière, Bruxelles, 2015.
-
Pini-Pini Nsasay, Tribunal de l’Histoire Africaine. Tome 1 : Réquisitoire contre l’Europe christianisée, en hommage à E.D. Morel (1873–1924/2024), Collection Historiographie du Monde Contemporain, Éditions Cheikh Anta Diop (Edi-CAD), Douala, 2024.
-
Nahimana Karolero Pascal, Histoire du Burundi : Les grandes dates de l’histoire des Barundi et de l’État millénaire africain – Ingoma y’Uburundi, Éd. Génération Afrique, 2024. 🔗 https://nahimanakarolero.com
-
Nahimana Karolero Pascal, Réfugiés du Burundi — Quand Ingoma s’est tu. Histoire géopolitique d’un peuple brisé par la colonialité, Bruxelles, Génération Afrique, 2025. 🔗 https://nahimanakarolero.com
-
Mbonyingingo Leona, L’Épouse du tambour, Montréal, 2025.

SOURCES : Nahimana P. , http://burundi-agnews.org, Mardi 13 janvier 2026 | Photo : MAEIRCD






