Le Burundi multiplie les partenariats autour de ses minerais stratégiques avec des acteurs américains et chinois. Maxime Ndayizeye, Ph.D., fondateur du KIRAZIRA Think Tank, y voit une politique d’équilibre entre Washington et Pékin, dans un contexte de compétition mondiale pour les minerais critiques.
Bujumbura, 05/10/2026 (BDIAGNEWS) – Ndayizeye Maxime, Ph.D., fondateur du KIRAZIRA Think Tank et analyste des rivalités sino-américaines autour des minerais stratégiques africains, s’est intéressé au positionnement du Burundi. Selon son analyse, Bujumbura cherche à équilibrer les intérêts américains et chinois autour de son potentiel minier.
Du côté américain, Lifezone Metals a signé, le 10 mars 2026 à Washington, un accord lui accordant une exclusivité de 14 mois pour évaluer le potentiel technique et économique du vaste gisement de nickel de Musongati. La cérémonie s’est déroulée au Département d’État américain. Le même jour, KoBold Metals a conclu avec le Burundi un accord consacré à la numérisation des données géologiques nationales.
Le 25 juin 2026, Critical Outcomes Group a également signé un mémorandum d’entente avec le Burundi pour coopérer, investir et développer un projet de terres rares. L’entreprise présente notamment cette coopération comme susceptible d’insérer davantage le Burundi dans les chaînes d’approvisionnement américaines en minerais critiques.
La Chine occupe parallèlement une place croissante. Le 7 octobre 2025, le Burundi avait lancé l’exportation vers le marché chinois de 260 tonnes d’améthyste et de quartz vert. D’autres cargaisons minières ont suivi. En septembre 2026, Jiayou International a annoncé un accord de coopération de sept ans autour du spodumène burundais, lui conférant un rôle de prestataire logistique exclusif ainsi que des droits exclusifs d’agence de vente.
La coopération chinoise ne se limite toutefois pas à l’écoulement des minerais. Fin septembre, des discussions avec Beijing United Information Technology (IBI) ont porté sur la construction d’usines, la transformation locale des minerais, le transfert technologique et la production commerciale. À ce stade, le ministère burundais présente ces éléments comme des axes de coopération à mettre en œuvre.
Les entreprises chinoises sont également présentes dans les infrastructures indispensables au développement minier. Le chemin de fer à écartement standard Uvinza–Musongati, destiné notamment à désenclaver la région de Musongati et à la connecter au corridor tanzanien, a été confié à un consortium d’entreprises chinoises. Le contrat porte sur une infrastructure d’environ 282 km reliant la Tanzanie au Burundi.
Pour Ndayizeye, l’ensemble dessine une configuration dans laquelle les États-Unis prennent position sur l’évaluation, les données géologiques et certains minerais stratégiques, tandis que la Chine intervient dans les débouchés commerciaux, la logistique, les infrastructures et les perspectives de transformation locale.
En ce monde multipolaire ( BRICS+ et USA ), plus qu’un alignement exclusif sur Washington ou Pékin, son analyse décrit ainsi un Burundi cherchant à diversifier ses partenaires autour de ses ressources minières. L’enjeu central demeure la capacité du pays à transformer cette compétition internationale en investissements, infrastructures, emplois et surtout en valeur ajoutée produite au Burundi.

Source : Nahimana P. , BDIAGNEWS | burundi-agnews.org | 05/10/2026 | Source : Maxime Ndayizeye / X






