26-01.jpgBurundi : Le secteur minier sous les feux de la rampe
Au lendemain de la guerre civile et à l’heure de la relance économique, le Gouvernement burundais mise particulièrement sur son potentiel minier. Prospection de gisements de nickel et bien d’autres minerais dont regorge le sous-sol, révision du cadre légal pour attirer les investisseurs, suspension des exploitations anarchiques, etc. Autant d’efforts tous azimuts pour rentabiliser ce secteur de tous les attentes..

Ruiné par près de deux décennies de guerre civile, le Burundi compte désormais sur son riche potentiel minier pour remettre son économie sur les rails. Les yeux semblent particulièrement tournés vers les minerais de nickel. Même si elle est encore partielle, une récente prospection établie par les ministères burundais de l’Energie et des Mines évalue ses réserves à 261 millions de tonnes. L’exploration révèle un potentiel assez porteur même au sujet des autres minerais, en l’occurrence le vanadium (au centre du pays) dont les réserves sont estimées à 97 millions de tonnes.

Le pays est aussi parsemé de mines d’or par endroits. Mais l’exploration reste encore partielle et artisanale. En outre, on signale d’autres gisements de phosphates et carbonate avec des réserves estimées à 26 Mt, des gîtes minéralisés en cassitérite, Wolframite et Colombo-tantalite (dans le nord du Burundi). Le pays regorge également de minerais industriels, notamment les matières premières locales destinées à l’import–substitution comme les roches carbonatées pour la fabrication du ciment (déjà effective à l’ouest du pays), le kaolin, le feldspath et le cilice pour les produits céramiques. La prospection met en effet en évidence des réserves de 2 millions de tonnes de roches carbonatées 16.320.000 tonnes de kaolin, 5.132.674 tonnes de quartzite et 730.083 tonnes de feldspath. A tout cela s’ajoutent d’énormes réserves de tourbe estimées à 36 millions de tonnes.

Exit l’anarchie dans le secteur
Tout ce riche potentiel minier contraste avec l’anarchie qui caractérise son exploitation. Pour y mettre de l’ordre et afin d’en faire un véritable levier du développement économique, le Burundi s’est doté, le 15 octobre 2013, d’un nouveau Code minier qui remplace celui de 1976. «C’est pour mettre fin au désordre structurel et aligner le pays à législation internationale en matière d’exploitation des mines», explique Côme Manirakiza, ministre burundais de l’Energie et des Mines.

L’article 1er dudit Code est assez explicite quant à son champ d’application : «Les dispositions du présent Code s’appliquent à toutes les opérations de prospection, de recherche, d’exploitation industrielle et artisanale, de transformation, de détention, de transport et de commerce ainsi que de la fermeture des mines, des substances minérales ou fossiles, des eaux thermales et des produits de carrière sur le territoire et dans les eaux territoriales de la République du Burundi, à l’exception des hydrocarbures liquides ou gazeux qui sont régies par des lois spéciales».

Contrairement à l’ancien Code, le nouveau prévoit une taxe ad valorem sur la valeur de la production des substances minérales produites artisanalement ainsi que la redevance superficiaire due pour tout titre minier d’exploitation et permis d’exploitation des substances minérales et carrières en cours de validité, calculée à l’hectare. Comme pour se conformer à la nouvelle législation, les exploitants locaux, s’organisent en coopératives. En juillet 2014, l’on enregistre déjà une dizaine de coopératives d’exploitation artisanale des minerais ainsi que 5 comptoirs.

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