L’usage de la violence doit être dénoncé et sévèrement combattu, qu’il vienne du pouvoir ou de l’opposition radicale, le deux poids, deux mesures n’est pas acceptable ».

Dans l’état actuel des investigations, on ne peut pas désigner avec certitude le vrai commanditaire de cet attentat, planifié contre le conseiller principal du chef de l’État, même si, au vu des circonstances, chacun peut s’en faire une idée. En tout cas, dans leur communication qui a suivi, les SINDUMUJA l’ont quelque part revendiqué.

En effet, que ce soit par le biais de ses organes officiels, son bouillant porte parole Jérémie Minani, ses radios Humura et Inzamba, ou via les réseaux sociaux, l’opposition radicale s’est clairement réjouit de cet attentat, tout en essayant, par ruse, de l’attribuer à autrui, allant jusqu’à évoquer une affaire interne entre ténors au pouvoir. Une stratégie de communication qui en rappelle une autre; Ainsi, lorsqu’il y eu l’attentat du 6 Avril 1994 contre l’avion présidentiel du Rwanda, une certaine presse avait tout de suite évoqué un coup d’extrémistes Hutu, alors que chacun pouvait aisément deviner à qui profitait le crime.

Pour cet attentat contre Willy, nous avons été frappés par cet acharnement des tenants SINDUMUJA à se persuader, avec un certain soulagement coupable, que NYAMITWE n’était pas blessé, mais bien mort. Ainsi, nous avons assisté durant quelques jours ,à une féroce guerre de mots sur les réseaux sociaux , entre partisans de NYAMITWE clamant qu’il était vivant, alors que ses détracteurs le déclaraient et l’espéraient surtout mort.

Maintenant qu’il est bien vivant, les SINDUMUJA sont furieux, certains d’entre eux vont jusqu’à promettre ouvertement de récidiver ; parce qu’on leur avait vraisemblablement fait croire que le coup était professionnellement bien préparé, et que Willy ne pouvait pas en échapper. Je me dis qu’ils auraient participé à la préparation intellectuelle, voire au financement du projet d’assassinat, mais je me garde de conclure là dessus, la suite des enquêtes nous éclairera.

Cette maladresse des SINDUMUJA, de revendiquer dans des termes à peine voilés, ce qu’il faut appeler » attentat terroriste », aura évidemment des conséquences, notamment dans les relations futures avec leurs soutiens. Car, disons le clairement, les quelques occidentaux bien connus par ailleurs, qui comprennent certaines des revendications des SINDUMUJA, s’accommoderont trop mal à cette stratégie qui consiste à :

« Montrons par la perturbation de la sécurité, attentats ciblés, manipulation des responsables occidentaux, matraquage médiatique…….. que rien ne va plus au Burundi. Ainsi, ces Occidentaux augmenteront la pression sur Bujumbura et exigeront des négociations, pour permettre à nous Sindumuja, leurs poulains d’être associés au pouvoir, en dehors des élections ».

En agissant ainsi, les SINDUMUJA, pas tous, ont pris beaucoup de risques, ils ont péché là où ils étaient supposés être plus forts: s’attaquer, à mains armées, à quelqu’un pour ses idées, alors qu’ils clament défendre la liberté de presse. Car, Willy NYAMITWE n’est ni militaire , ni policier et ne décide pas dans les dossiers de sécurité.Les SINDUMUJA en veulent à lui , juste parce que c’est un excellent communicateur qui fait plus que rivaliser avec eux sur ce terrain médiatique.

Or, comme on l’a vu récemment à Ottawa, Berlin et Bruxelles, les SINDUMUJA, habitués à parler seuls, ne supportent pas de débat contradictoire, estimant qu’ils ont le monopole de la vérité . Dans leur entendement, le monde doit forcément les croire , sinon , ils vont procéder par la violence, ils viennent de le prouver avec cet attentat, comme cela semble s’avérer. Mais, en attendant les conclusions d’une enquête sérieuse, accordons à nos compatriotes, au moins, le bénéfice du doute.

Anatole BACANAMWO