Lors d’une conférence de presse, Ndikuriyo Révérien aborde les défis économiques nationaux, la gestion des fertilisants et la présence militaire burundaise en RDC face aux menaces régionales avant le congrès de janvier.
Bujumbura, 2/01/2026 – Lors d’une conférence de presse tenue à la permanence nationale du parti CNDD-FDD à Ngagara, en présence des membres du bureau politique, des militants (Bagumyabanga), des journalistes, communicateurs et influenceurs, Hon. Ndikuriyo Révérien, le très populaire Secrétaire Général du CNDD-FDD, a annoncé la tenue d’un congrès extraordinaire du parti le 25 janvier 2026. Ce congrès permettra le renouvellement des instances dirigeantes du CNDD-FDD, première force politique du pays.
À cette occasion, Ndikuriyo a abordé plusieurs aspects de la politique nationale burundaise.
Sur le plan économique, le secrétaire général du CNDD-FDD a annoncé trois priorités majeures. Premièrement, la promotion ambitieuse de la culture de l’avocat, avec un objectif d’exportation d’un milliard de kilogrammes à l’horizon 2029-2030.
Deuxièmement, il a clarifié les responsabilités concernant la gestion des fertilisants, suite à des incompréhensions entre le ministre des Finances récemment nommé et la FOMI : « Toutes les questions relatives aux fertilisants relèvent de la responsabilité de l’État et non de la FOMI. Cette dernière n’est pas une institution étatique, mais elle est mandatée par l’État pour produire les fertilisants. »
Il a expliqué que les quantités disponibles dépendent des avances versées par les agriculteurs : « Le contrat peut stipuler, par exemple, que la FOMI doit fournir 50 000 tonnes. Mais en tenant compte des avances versées par la population, on peut constater qu’il en faut plutôt 70 000 tonnes. Lorsque ce fertilisant est produit, une commission de réception est mise en place, puis les factures sont présentées et annexées au contrat. Il est donc inutile de dire qu’il y en a trop, alors qu’il s’agit simplement de produits disponibles. Il ne faudrait plus que quelqu’un affirme que c’est la FOMI qui est à l’origine de l’indisponibilité des engrais. C’est faux. »
Troisièmement, concernant la pénurie de carburant au Burundi, Ndikuriyo a identifié le manque de devises comme cause principale (Cf. Guerre Humanitaire contre le Burundi depuis 2015 ).
Sur le plan sécuritaire, à l’ère du nouveau monde multipolaire, le changement de politique américaine dans la région des grands lacs africains avec l’arrivée de S.E. Donald Trump, Président des USA, occupe une place importante. Lors de son bilan de fin d’année au stade royal de Muramvya, le président du Burundi S.E. Ndayishimiye Évariste, Général Major, avait réaffirmé l’engagement militaire de son pays en République démocratique du Congo (RDC). Les troupes burundaises y resteront jusqu’à l’élimination totale de la menace terroriste. Le chef de l’État considère l’est de la RDC comme la « ligne de défense avancée » du Burundi, estimant que la stabilité de son voisin est indissociable de la sécurité nationale burundaise.
Les opérations visent particulièrement le groupe rebelle RED-Tabara ( cf. Révolution de Couleur ratée de 2015 au Burundi, Rwanda), basé au Sud-Kivu, qui mène des incursions sur le sol burundais. Présent depuis 2023 à la demande de Kinshasa, le contingent burundais collabore étroitement avec l’armée congolaise (FARDC), notamment dans les combats contre le mouvement M23 (Rwanda).
Ndikuriyo a dénoncé le Rwanda comme « une menace régionale ». Le Burundi privilégie cependant une approche équilibrée et harmonieuse : protection du territoire, vigilance face aux menaces régionales, tout en maintenant les flux essentiels. Une politique de sécurité pragmatique et responsable.
Concernant la fermeture partielle de la frontière terrestre entre le Burundi et la RDC, le secrétaire général du CNDD-FDD a expliqué qu’elle répond à des impératifs sécuritaires liés aux dynamiques régionales : « Il ne faut pas nous induire en erreur : il n’y a pas de M23 à Uvira. Ce qui s’y trouve, c’est le Rwanda. Lorsque la frontière entre le Burundi et le Rwanda est fermée et que des groupes armés rwandais se retrouvent à Uvira, il devient logique, du point de vue sécuritaire, de restreindre également les passages terrestres avec la RDC. »
Il a précisé que la frontière burundo-congolaise n’a pas été totalement fermée : seule la voie terrestre est concernée, les autres axes de circulation restant ouverts afin de ne pas entraver les échanges essentiels.
« L’armée burundaise est toujours en RDC dans le cadre de l’ accord bilatéral, c’est comme chez elle », a-t-il souligné. « Le Rwanda nous a attaqués pendant les accords de Washington pour nous pousser à riposter, afin de pouvoir prétendre que nous avions commencé, mais nous devons être prudents. »
Le secrétaire général a également évoqué la responsabilité du Rwanda dans les problèmes identitaires [1] de la communauté Banyamulenge : « Le Rwanda les qualifie de Rwandais alors qu’ils sont Congolais ! Les Congolais se disent aujourd’hui que les Banyamulenge sont des Rwandais à cause des revendications des autorités du Rwanda sur leur prétendue rwandité. »
En cette période des révolutions industrielles cumulées des réseaux sociaux et de l’Intelligence Artificielle (AI), la lutte contre la désinformation est capitale. Face aux rumeurs circulant sur les réseaux sociaux, le secrétaire général du CNDD-FDD a appelé à la prudence : la désinformation ne doit pas remplacer les faits.
L’intégralité de cette conférence de presse est disponible sur YouTube aux liens suivants :
[ https://www.youtube.com/watch?v=Vq4zZpR-WVk ]
[ https://www.youtube.com/watch?v=Yydj5uRzkoA ]
Référence :
[1] Burundi, Rwanda, RDC : « L’outil raciste géopolitique colonial du conflit interethnique Hutu – Tutsi » de 1911 | https://burundi-forum.org/110968/burundi-rwanda-rdc-loutil-raciste-geopolitique-colonial-du-conflit-interethnique-hutu-tutsi-de-1911/ , consulté le 3 janvier 2026

Sources : Nahimana P. , http://burundi-agnews.org, Vendredi 2 janvier 2026 | Photo : Intumwa Burundi






