Le Burundi s’engage davantage dans la modernisation de son système d’état civil. À l’occasion de la Journée africaine de l’enregistrement des faits d’état civil et des statistiques de l’état civil, célébrée le 10 août de chaque année, les autorités ont mis en avant les avancées réalisées dans la digitalisation et la décentralisation des services.
Instaurée à la suite des recommandations de la Conférence des Ministres africains en charge de l’état civil tenue à Addis-Abeba en 2022, cette journée vise à sensibiliser sur l’importance de l’enregistrement des naissances, des mariages et des décès, afin de garantir à chaque citoyen une identité juridique.
Digitalisation et décentralisation
Selon Nahimana Valentin, Directeur général chargé du programme de l’administration du territoire, le Burundi a déjà franchi une étape importante avec la digitalisation de l’état civil dans des Communes pilotes et la décentralisation jusque dans les zones. Cette réforme vise notamment à rapprocher les services de la population, et à réduire les distances parcourues pour obtenir les documents d’état civil.
L’interopérabilité entre l’état civil et les services de santé constitue également une priorité. Les naissances et les décès enregistrés dans les formations sanitaires pourront ainsi être directement pris en compte dans le système d’état civil. Pour les événements qui surviennent à domicile, des mécanismes de notification, notamment à travers les Chefs de collines, sont prévus.
Cette interconnexion doit permettre de disposer de données fiables pour les statistiques nationales, tout en réduisant les fraudes, les doublons et les manipulations des documents administratifs.
Vers une identité numérique sécurisée
Selon Nahimana Valentin, l’État travaille également à la mise en place d’un système national d’identité numérique. L’attribution d’un numéro d’identification unique permettra à chaque personne d’être reconnue officiellement par l’État, et facilitera l’utilisation de ses données par différents services publics
Le futur système s’appuiera notamment sur les données biométriques, telles que les empreintes digitales et la reconnaissance faciale, afin de renforcer la sécurité et la fiabilité de l’identité des citoyens.
De son côté, Richard Ndayisaba, Secrétaire permanent chargé de la sécurité publique au Ministère de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique, a rappelé que la sixième Conférence des Ministres africains en charge de l’état civil avait recommandé l’accélération de la modernisation numérique des systèmes d’état civil, et leur intégration aux systèmes nationaux d’identité numérique.
Il a également insisté sur l’objectif d’un enregistrement universel des naissances et des décès, ainsi que sur le renforcement des cadres juridiques et la décentralisation des services.
Un système au service du développement
L’interconnexion des systèmes d’état civil, d’identité juridique et de santé doit contribuer à améliorer la planification du développement, la prestation des services publics, la protection des droits et la lutte contre la fraude. Elle doit également faciliter à terme la reconnaissance des documents d’identité au-delà des frontières.
Ces activités sont appuyées par l’UNICEF, qui salue les progrès réalisés par le Burundi dans l’enregistrement des faits d’état civil. Treize Communes disposent déjà d’un système d’enregistrement biométrique, marquant une avancée significative vers la digitalisation complète des services de l’état civil au Burundi.
Par Hatungimana Eric






