« Burundi : reconquérir la souveraineté économique »
À l’approche des échéances de 2027, le débat public burundais est naturellement appelé à se concentrer sur les projets, les responsabilités et l’avenir du pays. Mais une nation ne peut pas penser son destin uniquement à l’échelle d’une échéance électorale. Elle doit aussi se demander ce qu’elle veut transmettre à ceux qui viendront après nous : quelle économie, quels emplois, quelles entreprises, quelles compétences, quelle capacité à produire et à transformer ses propres richesses ?
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« Un homme politique pense aux élections ; un homme d’État pense aux générations futures. » |
C’est dans cet esprit que s’inscrit le livre Burundi : reconquérir la souveraineté économique. Il ne se présente pas comme un programme partisan ni comme un texte réservé aux spécialistes. Il se veut une invitation à réfléchir, avec méthode et profondeur, à une question qui concerne tous les Burundais : comment faire en sorte que les ressources, le travail, les savoir-faire et l’intelligence du pays deviennent davantage de richesse créée au Burundi et davantage d’opportunités pour les générations futures ?
L’ouvrage commence par regarder en arrière pour mieux regarder devant. Il rappelle l’héritage économique du Burundi ancien : le travail du fer, la poterie, la vannerie, l’agriculture, l’élevage et d’autres savoir-faire montrent, selon l’analyse développée dans le livre, que nos ancêtres ne vivaient pas seulement de ressources naturelles ; ils savaient aussi les travailler, les adapter, les transformer et leur donner une utilité. Cette mémoire économique n’est pas convoquée par nostalgie. Elle sert à rappeler une idée essentielle : une ressource ne devient véritablement richesse que lorsqu’elle rencontre le savoir, l’organisation, le travail et la transformation.
Le livre examine ensuite les ruptures historiques et les mécanismes qui ont progressivement installé une économie tournée vers l’exportation de matières premières et l’importation de produits finis. Il analyse les conséquences de cette faible transformation locale sur l’emploi, les devises, les entreprises, la fiscalité et la capacité du pays à construire des chaînes de valeur nationales. L’objectif n’est pas de distribuer des fautes, mais de comprendre les héritages, les choix et les blocages afin d’ouvrir un débat sur les solutions.
À partir de ce diagnostic, l’ouvrage propose une orientation simple à retenir, mais exigeante à mettre en œuvre : produire, transformer, innover, consommer et vendre. Ces cinq verbes constituent le fil conducteur d’une souveraineté économique comprise non comme un isolement, mais comme la capacité d’un pays à coopérer avec le monde à partir d’une base productive plus forte.
LIRE POUR GOUVERNER, ENTREPRENDRE ET TRANSMETTRE
Ce message s’adresse d’abord aux dirigeants et à celles et ceux qui aspirent aux hautes responsabilités de l’État. Gouverner, c’est arbitrer dans l’urgence, mais c’est aussi préparer ce que l’on ne verra peut-être pas soi-même arriver à maturité. Un projet public digne de ce nom doit pouvoir répondre à des questions de long terme : quelles filières voulons-nous construire ? Que voulons-nous transformer sur place ? Quelles compétences faut-il former ? Comment financer la production ? Comment relier l’agriculture, l’industrie, l’énergie, les infrastructures, l’école, la recherche et les marchés ? Le livre propose un cadre de réflexion pour poser ces questions au-delà des slogans et des échéances.
Il s’adresse aussi aux femmes et aux hommes politiques, quelle que soit leur sensibilité. En période électorale, les promesses sont nombreuses ; l’enjeu est de les relier à des capacités productives, à des priorités mesurables et à une vision qui dépasse un mandat. Lire cet ouvrage, c’est entrer dans une réflexion sur la responsabilité publique, la continuité de l’État et la nécessité de penser simultanément le présent et l’avenir, sans demander au lecteur d’adhérer à un parti ou à un candidat.
Aux entrepreneurs, le livre rappelle que la souveraineté économique se construit aussi dans l’atelier, l’entreprise, la ferme, la coopérative, la banque, le laboratoire et le marché. Transformer localement, améliorer la qualité, créer une marque, respecter les normes, innover, conquérir des débouchés et réinvestir dans l’économie réelle sont autant de chemins par lesquels l’initiative privée peut retenir davantage de valeur sur le territoire national.
Aux jeunes, il adresse une invitation à ne pas regarder l’économie comme une affaire réservée à l’État. Le Burundi de demain aura besoin de techniciens, d’ingénieurs, de chercheurs, d’agriculteurs modernes, d’artisans qualifiés, d’entrepreneurs, de spécialistes du numérique, de gestionnaires et de créateurs. Aux femmes, qui portent une part décisive de l’activité économique et sociale, il rappelle que leur accès au financement, à la formation, aux marchés et aux responsabilités productives fait partie intégrante de toute stratégie de transformation. À la diaspora, il pose la question du passage progressif des transferts de consommation vers davantage d’investissements, de compétences, de réseaux et de partenariats productifs.
Ce livre invite donc chaque Burundais à se demander non seulement : « Que peut faire l’État pour moi ? », mais aussi : « Que puis-je produire, transformer, améliorer, financer, transmettre ou vendre pour que mon pays crée davantage de valeur ? » C’est une manière de replacer la responsabilité collective au cœur du débat économique, sans nier la responsabilité particulière de ceux qui gouvernent, légifèrent, administrent, financent et décident.
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Le Burundi ne doit pas seulement parler de ses potentialités. Il doit les convertir en capacités, en emplois, en entreprises, en valeur ajoutée et en dignité pour les générations futures. |
Dirigeants, responsables publics, femmes et hommes politiques, entrepreneurs, jeunes, femmes, enseignants, chercheurs, membres de la diaspora et citoyens : ce livre vous est destiné. Non pour vous dicter une conclusion, mais pour nourrir une conversation nationale sur ce que le Burundi peut devenir lorsque la mémoire de son savoir-faire, la lucidité du diagnostic et la volonté de construire se rencontrent.
BURUNDI : RECONQUÉRIR LA SOUVERAINETÉ ÉCONOMIQUE
Produire – Transformer – Innover – Consommer – Vendre
Jean Bigirimana – Disponible sur Amazon






