Une réunion d’échange et de concertation s’est tenue, mardi 24 mars 2026, dans la capitale politique Gitega, réunissant les gouverneurs de provinces, les administrateurs communaux ainsi que les responsables des partis politiques agréés au Burundi. Les travaux ont été ouverts par le ministre de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique, Léonidas Ndaruzaniye.
Les discussions ont essentiellement porté sur la préservation et la promotion des valeurs d’Ubuntu, ainsi que sur l’évaluation de la mise en œuvre des recommandations issues de la rencontre du 10 juillet 2020 entre le Chef de l’État Évariste Ndayishimiye, et les acteurs politiques et administratifs.
Dans son allocution inaugurale, le ministre a inscrit cette rencontre dans la dynamique de mise en œuvre de la Vision nationale « Burundi, pays émergent en 2040 et développé en 2060 ». Il a souligné que cette ambition ne saurait se concrétiser sans une mobilisation inclusive de l’ensemble des forces vives de la Nation.
« La réussite de cette vision exige l’adhésion et l’engagement de tous : autorités locales, leaders politiques, secteur privé, société civile et confessions religieuses », a-t-il affirmé avec insistance.
L’Ubuntu, fondement de l’unité et de la gouvernance.
Le ministre a rappelé que les valeurs d’Ubuntu constituent un pilier fondamental pour la consolidation de l’unité nationale, de la paix sociale et d’une gouvernance responsable. Il a insisté sur le fait que ces valeurs, fondées sur la dignité, la discrétion, la solidarité et l’entraide mutuelle, doivent guider l’action publique.
« L’Ubuntu n’est pas seulement un héritage culturel ; il constitue une véritable boussole dans l’exercice de nos responsabilités », a-t-il déclaré, appelant les décideurs à s’en inspirer dans la prise de décisions.
Évoquant le contexte politique récent, Léonidas Ndaruzaniye s’est félicité de la maturité dont ont fait preuve tant l’administration que les formations politiques lors des dernières échéances électorales. Il a néanmoins exhorté les acteurs à maintenir cet esprit de responsabilité et de civisme, rappelant que « la démocratie est un processus continu ».
La gouvernance de proximité, moteur du développement
Le ministre a par ailleurs mis en exergue le rôle déterminant de la gouvernance locale dans la réalisation des objectifs de développement. Selon lui, l’émergence ne saurait être décrétée, mais repose sur un leadership exemplaire, une redevabilité rigoureuse et une action ancrée au niveau des communautés locales.
Il a ainsi encouragé l’intégration des valeurs nationales dans les programmes de développement, le renforcement de la collaboration entre les acteurs territoriaux et la promotion d’une participation citoyenne active.
Des préoccupations socio-économiques exprimées
Au cours des échanges, plusieurs préoccupations d’ordre socio-économique ont été soulevées par les participants. Ces derniers ont notamment plaidé pour une régulation des loyers urbains, en particulier à Bujumbura, où les coûts locatifs dépassent souvent les revenus mensuels des salariés.
Ils ont également souhaité une revalorisation salariale pour certaines catégories de fonctionnaires, à l’instar des mesures prises en faveur du personnel médical, afin de limiter la fuite des compétences.
En définitive, cette rencontre apparaît comme une étape significative dans le renforcement de la gouvernance participative et dans la mobilisation collective autour des ambitions de développement du Burundi, estime le Ministre de l’Intérieur, du Développement Communautaire et de la Sécurité Publique .
Par Nibaruta Ezechiel






