Fraude fiscale au Burundi : l’État serre la vis et traque les factures truquées

A Bujumbura, le gouvernement burundais intensifie la lutte contre la fraude fiscale. Face à des recettes en baisse malgré les outils déployés, les autorités multiplient les contrôles et annoncent des sanctions strictes contre les contrevenants. Une mobilisation qui se veut à la fois répressive et citoyenne.

Une offensive ciblée contre les pratiques frauduleuses
Ce mercredi 8 avril 2026, le ministre des Finances, Alain Ndikumana, accompagné du Commissaire général de l’Office burundais des recettes (OBR), a mené une opération de contrôle dans plusieurs quartiers commerciaux de Bujumbura. Objectif : vérifier l’utilisation effective des machines de facturation mises à disposition des commerçants.

Cette descente sur le terrain intervient dans un contexte de baisse préoccupante des recettes fiscales. Les autorités cherchent à comprendre les causes de ce manque à gagner, alors même que plus de 13 000 machines de facturation ont été distribuées à travers le pays.

Des irrégularités qui fragilisent les recettes publiques
Les constats dressés lors de cette opération sont alarmants. Plusieurs commerçants n’utilisent pas les dispositifs de facturation, tandis que d’autres délivrent des factures non conformes, voire s’abstiennent d’en fournir à leurs clients.

Grâce aux outils technologiques dont dispose désormais l’OBR, il est possible d’identifier les machines inactives, révélant ainsi des cas de fraude ou de négligence manifeste. Ces pratiques contribuent directement à la diminution des recettes publiques, essentielles au fonctionnement de l’État.

Sanctions renforcées et appel à la responsabilité citoyenne
Les autorités rappellent que la loi prévoit des sanctions sévères pour lutter contre ces infractions. Les commerçants fautifs s’exposent à des amendes et à la saisie de leurs biens. Mais la responsabilité ne s’arrête pas là : les clients qui n’exigent pas de facture peuvent également être sanctionnés, avec une amende équivalente à 20 % du montant de l’achat.

Au-delà de la répression, le gouvernement insiste sur l’importance du civisme fiscal. Les taxes collectées permettent de financer les infrastructures et les services publics. Dans cette optique, chaque transaction devient un acte citoyen, contribuant au développement national.

Les contrôles, appelés à se poursuivre sur l’ensemble du territoire, marquent une nouvelle étape dans la volonté du Burundi de renforcer la transparence et de s’appuyer sur ses ressources internes pour construire son avenir.

Par Ndayishimiye Emmanuel