Burundi / Mémoire Vigilante Belgique : 33ᵉ commémoration du génocide perpétré contre les Batutsi
À Liège, Mémoire Vigilante Belgique a organisé la 33ᵉ commémoration des massacres perpétrés contre les Tutsi du Burundi à partir du 21 octobre 1993. Cette rencontre a réuni des membres de la diaspora burundaise et un représentant d’IBUKA autour du devoir de mémoire, de la lutte contre l’idéologie génocidaire et des héritages historiques de la colonisation.
 
Liège (Belgique), 26/10/2026 (BDIAGNEWS) – Samedi 24 octobre, à l’occasion de la 33ᵉ commémoration du « génocide perpétré contre les Batutsi au Burundi » à partir du 21 octobre 1993, des membres de la communauté burundaise de Belgique se sont réunis à Liège pour se recueillir à la mémoire des victimes et mettre en lumière les différentes formes que prend, selon les organisateurs, « le génocide en cours au Burundi ».
 
Après avoir suivi un exposé présentant « le génocide perpétré contre les Batutsi » comme unique dans la région des Grands Lacs africains, les participants, aux côtés du représentant d’IBUKA Rwanda en Belgique, ont convenu de s’unir dans la lutte contre l’idéologie génocidaire. Au nom de Mémoire Vigilante Belgique (MVB), les organisateurs ont remercié toutes les personnes qui ont contribué à cette rencontre consacrée au droit et au devoir de mémoire envers les leurs.
 
Dans les années 1990, dans le contexte de la globalisation unipolaire américaine néolibérale (GUAN), l’assassinat, le 21 octobre 1993, du président Ndadaye Melchior, héros national, fut suivi d’une guerre civile qui déchira le Burundi jusqu’en 2003. Ce conflit opposa les apparatchiks de la République instaurée en 1966, issue de la dictature militaire, aux « enfants » de l’ancien État-tambour Ingoma, parmi lesquels des Burundais ayant subi le génocide de 1972-1973 contre les Hutu du Burundi.
Cette période s’inscrivait également dans une rivalité géopolitique opposant les États-Unis à certaines puissances européennes, notamment la France et la Belgique, sur le continent africain et dans la région des Grands Lacs.
 
Dans cette perspective, au Burundi comme au Rwanda — où eut lieu le génocide contre les Tutsi en 1994 —, puis au Zaïre, devenu la République démocratique du Congo (RDC) en 1997, l’« outil raciste géopolitique colonial du conflit interethnique Hutu-Tutsi » fut utilisé de part et d’autre par les puissances occidentales, dans une logique impérialiste, un usage qui causa des millions de victimes. Les apparatchiks de la République y étaient classés comme Tutsi, tandis que les « enfants » de l’ancien État-tambour millénaire, Ingoma, parmi lesquels figuraient des rescapés hutu du génocide de 1972, étaient classés comme Hutu.
 
Aujourd’hui, c’est dans ce cadre, entre l’ancien ordre unipolaire de la GUAN et le monde multipolaire actuel, que Mémoire Vigilante Belgique commémore les victimes tutsi et emploie l’expression « génocide contre les Tutsi » pour désigner les violences commises à partir du 21 octobre 1993.
Les États-Unis, alliés à l’Angleterre et assimilés aux « Anglo-Saxons » — ayant emporté cette guerre sur la France à partir de 1998, notamment à la suite de la déclaration de Saint-Malo —, ont agi, dans le processus d’Arusha, par l’intermédiaire de Mandela Nelson, soutenu par le Centre Carter. Initialement placé sous la médiation de Nyerere Julius, ce processus fut ensuite confié à Mandela Nelson. C’est dans ce cadre que les États-Unis (et leurs alliés européens ) ont exigé, au détriment de l’unité des Barundi, l’inscription des catégories ethniques hutu et tutsi dans la Constitution burundaise. Cette inscription permet à cet outil de demeurer fonctionnel à tout moment.
 
Ingoma y’Uburundi, l’ancien État-tambour traditionnel des Barundi, est issu de la civilisation du tambour, dont l’Ubungoma — la cosmologie du tambour — et l’Ubuntu — la philosophie des êtres-tambour ou êtres-sons — constituent deux dimensions essentielles. La fin du XIXᵉ siècle, marquée par la Conférence de Berlin de 1884-1885 et par l’expansion coloniale européenne, représente une rupture historique : celle de la colonisation.
 
Le 16 février 2025, l’Union africaine a adopté une décision consacrée à la qualification de l’esclavage, de la déportation et de la colonisation comme crimes contre l’humanité et génocide contre les peuples africains.
 
Le 25 mars 2026, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté la résolution A/RES/80/250, déclarant que la traite des Africains réduits en esclavage et leur esclavage racialisé constituent le crime le plus grave contre l’humanité.
 
Dans cette perspective, au Burundi comme au Rwanda, et désormais en RDC, l’« outil raciste géopolitique colonial du conflit interethnique Hutu-Tutsi » entretient la colonialité.

Références historiques

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Sources : Nahimana P. , BDIAGNEWS | burundi-agnews.org | 26/10/2026 | Photo : NIBIGIRA N. | Sources : Mémoire Vigilante Belgique, communication du 24 octobre 2026 ; Nations unies ; Union africaine.