L’économie — entre pénurie d’essence, exportations minières, finances publiques et agriculture — s’impose comme le thème central de l’action gouvernementale.
Gitega, 27/06/2026 – Dans un contexte mondial marqué par l’émergence d’un monde multipolaire, l’économie burundaise se trouve à un carrefour historique. Traditionnellement, elle s’inscrit dans la continuité de l’Ubumu – la « chose ou la manière de Mu », en référence à Mukakaryenda, la Femme Tambour, Divinité Suprême des Barundi – qui fonde la planification socio-économique du pays. Entre janvier 2025 et juin 2026, les questions économiques ont occupé le devant de la scène officielle, à travers la pénurie d’essence, les campagnes agricoles, l’évolution des prix des denrées, l’activité des coopératives locales et les grands indicateurs macroéconomiques.
En juin 2026, le Fonds monétaire international (FMI) anticipe une croissance soutenue, supérieure à 4 % jusqu’en 2031, dans un contexte marqué par l’adoption d’un budget national de 7 010,4 milliards BIF pour l’exercice 2026-2027.
Les exportations minières occupent une place croissante dans cette dynamique : plusieurs cargaisons de plus de 1 500 tonnes de minerais ont été acheminées vers la Chine au premier semestre 2026. Les autorités affichent désormais un objectif ambitieux d’un milliard USD de recettes minières, tout en envisageant une diversification vers la transformation locale du titane. L’inauguration, en juin 2026, de la centrale hydroélectrique de Mulembwe (17 MW) illustre la dimension énergétique de cette priorité, à l’approche de l’échéance électorale de 2027.
Le Burundi, Ingoma y’Uburundi, est en guerre contre la Croix et la Bannière depuis la fin du XIXᵉ siècle. L’Ubumu a été profondément ébranlé, notamment en 1972, lors du génocide contre les Hutu du Burundi, qui a causé plus de 1,5 million de victimes sur une population estimée à environ trois millions d’habitants. Les Hutu, producteurs des ressources nécessaires à la satisfaction des besoins de l’ensemble des Barundi, sont les véritables piliers de l’Ubumu. À cette occasion, l’Ubumu a été détruit et remplacé par une économie de marché de type capitaliste.
Aujourd’hui, le défi du Burundi est de réinscrire l’Ubumu dans ses fondements tout en s’adaptant au monde multipolaire. S.E. le Président Ndayishimiye Evariste , Général Major, évoque une vision à l’horizon 2060, afin que les Barundi puissent enfin se libérer, sur les plans socio-économique et culturel, des séquelles de la colonialité.
NB : Il s’agit d’une analyse thématique portant sur 1 743 articles publiés entre janvier 2025 et juin 2026 par la Présidence de la République, Burundi Agnews, Burundi-Forum et l’Agence Burundaise de Presse (ABP).
Lire aussi : Burundi / Planification : Économie et diplomatie – Les priorités du Gouvernement entre 2025 et 2026 https://burundi-forum.org/114076/burundi-planification-economie-et-diplomatie-les-priorites-du-gouvernement-entre-2025-et-2026/
Références :
- Nahimana Karolero Pascal, Histoire du Burundi : Les grandes dates de l’histoire des Barundi et de l’État millénaire africain – Ingoma y’Uburundi, Bruxelles, Génération Afrique, 2024. (nahimanakarolero.com)
- Nahimana Karolero Pascal, Réfugiés du Burundi — Quand Ingoma s’est tu. Histoire géopolitique d’un peuple brisé par la colonialité, Bruxelles, Génération Afrique, 2025 (cf. Ingoma, Ubumu).(nahimanakarolero.com)
- Nahimana Karolero Pascal, Histoire des imiryango : Les Bajiji — Abajiji, Bajiji, Wajiji, Jiji : Du Burundi au Mwene Mwezi : À l’origine de l’Ubungoma, d’Ingoma et de l’Ubumu : Cosmologie, État et système socio-économique du tambour sacré, Bruxelles, Génération Afrique, 2026 (cf. Ubungoma, la cosmologie du Tambour et la civilisation du Tambour).(nahimanakarolero.com)
- Kubwayo, F. (2026), Le regard rétroactif du Burundi politique, Bruxelles (cf. la tradition de planification burundaise – Ubumu).
- Bigirimana Jean, Réinventer le Burundi : L’énergie, l’agriculture, les TIC et l’éducation comme fondements du futur, Bruxelles, Éd. Les éditions du Net, 2025. (Économie)
- Ndagijimana Benjamin, Une nation en marche : 60 ans de pièges déjoués — Ndayishimiye et le nouveau chapitre du Burundi, Éditions Burundi Imprimerie, Bujumbura, 2026.
- Kubwayo Félix, La lente reconnaissance du génocide de 1972 contre les Hutu du Burundi, Bruxelles, 2025.
- Kubwayo Félix, Mémorandum sur les massacres répétitifs des Hutu du Burundi de l’indépendance à 1992: Appel à la conscience mondiale, Bruxelles, 2025.
- Ntibantunganya Sylvestre, Histoire d’un génocide occulté : Le génocide des Bahutu du Burundi de 1972-1973, Bruxelles : Sigumugani, 2025.
- Niyongabo Philippe, Les phares étouffés dans le brouillard de la haine, Bruxelles, Éd. Sigumugani, 2026.
- Baranyanka Charles, Ave Caesar, Bruxelles, 2017.
- Nzeyimana Frédéric et al., Mémorandum au Chef de l’État du Burundi : Desiderata des victimes du génocide commis contre les Bahutu du Burundi en 1972-1973, Montréal, Éd. Sigumugani, 2025.
- Colonialité et impérialisme occidental — En février 2025, l’Union africaine (UA) a officiellement qualifié l’esclavage, la déportation et la colonisation de crimes contre l’humanité et d’actes de génocide contre les peuples africains. Cette décision, adoptée le 16 février 2025 lors de la 38e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement à Addis-Abeba, marque un tournant décisif dans la quête de justice historique pour le continent. Le 25 mars 2026, à l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté à son tour une résolution historique, qualifiant la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé de « crimes les plus graves contre l’humanité ».



Sources : Nahimana P. : burundi-agnews.org, Samedi 27 juin 2026
Photos : Présidence de la République, Burundi Agnews, Burundi-Forum, RTNB et Agence Burundaise de Presse (ABP).






