L’Office National de Protection des Réfugiés et des Apatrides (ONPRA), avec l’appui du HCR, poursuit l’enregistrement et la mise à jour des données des réfugiés installés dans les centres de transit du Burundi. Une visite effectuée le 12 août 2026 au centre de Cishemere, en commune Cibitoke, province de Bujumbura, a permis de constater l’état d’avancement de cette opération, mais aussi les importantes difficultés auxquelles font face les réfugiés.
Près de 4 000 réfugiés à Cishemere
Le centre de transit de Cishemere accueille principalement des réfugiés originaires de la République démocratique du Congo (RDC).
Selon Abdallah Nzitonda, de l’ONPRA, le centre avait une capacité initiale d’environ 800 personnes. Pourtant, au début du mois de décembre 2025, près de 8 000 réfugiés y étaient installés. Après plusieurs retours spontanés, leur nombre est actuellement estimé à environ 4 000.
L’enregistrement a commencé il y a environ deux semaines. Cette activité vise notamment à identifier les personnes présentes, établir des statistiques fiables et faciliter leur prise en charge.
« On ne peut pas assister efficacement les réfugiés sans disposer de statistiques », explique Abdallah Nzitonda.
L’enregistrement, une première étape de protection
Pour Félix Ndama, administrateur chargé de la gestion de l’information au HCR, l’enregistrement constitue une étape essentielle de la protection.
Il permet d’identifier chaque personne, de connaître ses besoins et de mieux orienter l’assistance. Les données recueillies doivent également faciliter le ciblage des bénéficiaires et la recherche de solutions durables.
Selon Félix Ndama, l’opération d’enregistrement au camp de Busuma a permis d’identifier plus de 54 000 personnes. Elle s’est ensuite poursuivie au centre de transit de Makombe et se déroule actuellement à Cishemere.
Des arrivées qui se poursuivent
Malgré l’opération d’enregistrement, le centre continue d’accueillir de nouveaux arrivants.
Selon l’ONPRA, environ 80 réfugiés ont encore été accueillis le 11 août. Certains avaient d’abord été hébergés à Bujumbura avant d’être transférés vers le centre de Cishemere.
D’autres réfugiés vivent également dans les communautés environnantes, en dehors du centre de transit.
Des conditions de vie difficiles
La réduction des financements humanitaires constitue l’un des principaux défis. Les réfugiés ne bénéficient notamment plus régulièrement d’une assistance alimentaire.
Sur place, les besoins restent importants : accès limité à l’eau, insuffisance de toilettes et de douches, manque d’espace, abris précaires et difficultés d’accès aux vêtements.
Selon Félix Ndama, les conditions compliquent également l’opération d’enregistrement. Faute de locaux suffisants, les équipes utilisent parfois les chambres occupées par les réfugiés. Ces derniers doivent alors libérer temporairement les lieux pendant les heures de travail.
Le manque de matériel et les difficultés financières ralentissent également certaines activités.
Des enfants privés d’école
L’enregistrement doit aussi permettre de mieux identifier les besoins spécifiques des familles, notamment ceux des enfants.
Selon l’ONPRA, certains enfants n’ont pas encore accès à l’école. Les données recueillies pourraient faciliter leur orientation vers des endroits où ils pourront poursuivre leur scolarité.
L’objectif est également d’améliorer l’accès aux soins de santé et aux autres services essentiels.
Un appel à davantage de soutien
Face à l’ampleur des besoins, les responsables humanitaires appellent les partenaires, les donateurs et les personnes de bonne volonté à renforcer leur soutien.
Félix Ndama souligne que l’aide ne doit pas seulement concerner l’enregistrement, mais également l’amélioration globale des conditions de vie.
A terme, le gouvernement envisage de transférer les réfugiés vers des sites ou des camps. Mais les infrastructures disponibles dans ces espaces restent elles aussi insuffisantes.
Les réfugiés demandent davantage d’assistance
Des réfugiés rencontrés au centre, notamment Angelo Kidoge et Richesse Debora, décrivent une situation difficile. Ils évoquent principalement le manque de nourriture et d’eau et demandent une amélioration de leur prise en charge.
Certains expriment également le souhait de pouvoir retourner dans leur pays lorsque les conditions le permettront.
Pour les acteurs humanitaires, l’urgence reste donc double : achever l’identification de toutes les personnes présentes et mobiliser davantage de ressources afin de répondre à leurs besoins essentiels.
Par Nzohayimana Alexis






