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Panafricanisme : La présidence burundaise de l’UA face à l’ingérence européenne
Gitega, 1/07/2026 — L’Union européenne pourrait-elle être condamnée par l’Union africaine pour ses « guerres humanitaires » imprégnées de colonialité contre des États africains ? Alors que le Burundi assure actuellement la présidence tournante de l’Union africaine, la question se pose avec une acuité nouvelle, au moment où le Burkina Faso, pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), vient de rompre ses relations diplomatiques avec la France.
Le Chef de l’État du Burundi et Président en exercice de l’Union africaine, S.E. Ndayishimiye Évariste, Général-Major, a présidé depuis Bujumbura, ce mardi 30 juin 2026, une réunion virtuelle du Bureau de l’Union africaine. Dans ce contexte, ne serait-ce pas le moment pour le Burundi de remettre à la table des discussions la question de sanctions à l’échelle de l’Union africaine contre certains pays ou personnalités qui pourraient être interdits d’accès au continent africain en raison de la colonialité ?
À cause des guerres géopolitiques que mènent certains pays occidentaux, l’Union européenne vient de lancer une « guerre humanitaire » contre le Burkina Faso. Le député européen français Christophe Gomart — ancien général de corps d’armée ayant dirigé le Commandement des opérations spéciales (COS) et la Direction du renseignement militaire (DRM) — a porté devant le Parlement européen, le 18 juin 2026, une résolution très critique envers le Burkina Faso de S.E. le capitaine Ibrahim Traoré.
Outré par ce qu’il a perçu comme un discours néocolonialiste, le gouvernement burkinabè a convoqué l’ambassadeur de l’Union européenne, Philippe Bronchain, le 22 juin 2026. Le 26 juin, le Burkina Faso a officiellement annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec la France, l’accusant de « soutien actif à des réseaux subversifs ». Pour les autorités de Ouagadougou, la résolution européenne, et particulièrement l’intervention de Christophe Gomart, était perçue comme pilotée depuis Paris.
Ce scénario n’est pas sans rappeler celui vécu par le Burundi en 2015 à cause d’une guerre géopolitique que menait « la Croix et la Bannière » contre la Chine dans la Région des Grands Lacs africains. Après le coup d’État militaire raté du mercredi 13 mai 2015, consécutif à une « révolution de couleur » organisée par la « Croix et la Bannière » pour changer le Régime CNDD-FDD, le député européen belge Louis Michel, au nom de l’ancienne puissance colonisatrice qu’est la Belgique, avait porté au Parlement européen une résolution très critique envers le Burundi, dès juillet 2015. Ce fut le début d’une « guerre humanitaire contre le Burundi » qui se poursuit encore aujourd’hui (Voir : Burundi / OHCHR : L’Union Européenne poursuit sa Guerre Humanitaire déclenchée en 2015).
Le Burundi, depuis 2015, est pourchassé par la « Croix et la Bannière » (cf. la colonialité). Au nom du Panafricanisme, face à cette nouvelle résolution portée à l’encontre du Burkina Faso par l’Union européenne et la France, l’Afrique devrait-elle être solidaire et apporter une réponse adéquate ? La présidence burundaise de l’UA pourrait être l’occasion de poser la question d’une réponse continentale unifiée face à ce que plusieurs États africains considèrent comme une ingérence persistante, héritée de la colonialité. (Voir : Burundi / OHCHR : L’Union Européenne poursuit sa Guerre Humanitaire déclenchée en 2015)
Le 20 avril 2026, S.E. le président Ndayishimiye s’était rendu à Ouagadougou rencontrer fraternellement S.E. Traoré Ibrahim pour renouer le dialogue entre l’UA et l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette visite, qualifiée « d’amitié et de travail », visait à saluer les efforts du Burkina Faso pour stabiliser le pays.
Références
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Branco, Juan. L’Ordre et le monde. Paris : Fayard, 2016. (Réflexion sur les interventions internationales et le concept de « guerre humanitaire ».)
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Baranyanka, Charles. Le Burundi face à la Croix et à la Bannière. Bruxelles, 2015. (L’expression « la Croix et la Bannière » désigne l’alliance historique entre le Vatican, la France — notamment via les Pères Blancs de Lavigerie —, l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique et les États-Unis contre l’ordre traditionnel burundais depuis le XIXe siècle.)
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Deneault, Alain (avec Delphine Abadie et William Sacher). Noir Canada : Pillage, corruption et criminalité en Afrique. Montréal : Écosociété, 2008. (Cf. la géopolitique de l’Afrique.)
Contexte : colonialité et impérialisme occidental
En février 2025, l’Union africaine a officiellement qualifié l’esclavage, la déportation et la colonisation de crimes contre l’humanité et d’actes de génocide contre les peuples africains — décision adoptée le 16 février 2025 lors de la 38e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement à Addis-Abeba, marquant un tournant dans la quête de justice historique pour le continent. Le 25 mars 2026, à l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté à son tour une résolution qualifiant la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé de « crimes les plus graves contre l’humanité ».



Sources : Nahimana P. : burundi-agnews.org, mercredi 1er juillet 2026 | Photo : Ntare Rutsatsi House.






