Conférence de Liège en préparation : Pacifique Nininahazwe, le « défenseur des droits » payé pour déstabiliser le Burundi

Les documents confidentiels qui ont fuité, auxquels Burundi Forum a eu accès, révèlent que Pacifique Nininahazwe, le président du FOCODE, est un agent d’influence qui a touché des dizaines de milliers d’euros pour organiser la déstabilisation du Burundi. À quelques mois de l’élection présidentielle de mai 2027, il amplifie sa campagne de manipulation depuis son exil confortable en Belgique, où il s’apprête à réunir la diaspora burundaise à Liège le 29 août 2026. Une enquête sans concession sur le « logiciel rwandais » de l’instabilité dans la région des Grands Lacs.

  1. Un « défenseur des droits » sous mandat d’arrêt international pour subversion

Pacifique Nininahazwe aime à se présenter comme une victime de la répression. Mais ce que ses soutiens occidentaux ignorent ou feignent d’ignorer, c’est que ce « défenseur des droits » est un criminel poursuivi par la justice de son propre pays pour sa participation active au putsch manqué des 13 et 14 mai 2015.

Le 2 février 2016, le Secrétaire Général de la Cour Suprême du Burundi a rendu public un communiqué détaillant l’état d’avancement du dossier relatif à cette tentative de renversement du régime constitutionnel. Ce document officiel révèle l’existence d’un dossier subséquent, enregistré sous le numéro RMPG 697Bis/MA, toujours ouvert à charge des putschistes et de leurs alliés en cavale. C’est dans ce cadre que le Parquet Général a émis des mandats d’arrêt internationaux contre une trentaine de suspects, parmi lesquels le nom de NININAHAZWE Pacifique figure en bonne place.

Ce n’est pas une accusation politique : c’est un acte judiciaire officiel qui engage la responsabilité des pays hébergeant ces fugitifs. Le Rwanda, où il a transité préfère en faire un instrument de sa guerre hybride contre le Burundi.

  1. L’UE a payé pour évacuer celui qui envoyait les jeunes dans la rue

Les documents que nous avons pu consulter sont accablants. En décembre 2014, l’Union européenne, via l’ONG War Child Holland, a signé avec le FOCODE un contrat de subvention EIDHR 2014/353-854 d’un montant de 10.000 euros, qualifié d’« action ad-hoc ».

L’objet officiel ? « Renforcer la capacité financière » de l’entité. La réalité ? Financer l’évacuation de Pacifique Nininahazwe et de sa famille hors du Burundi, alors qu’il était en train d’inciter les jeunes Burundais à descendre dans les rues avec armes pour combattre leur pays.

Dans une interview accordée à Jeune Afrique en mai 2015, il déclarait sans ambages : « Si Pierre Nkurunziza ne renonce pas, les manifestations vont se poursuivre. […] Nous parviendrons à occuper la place de l’Indépendance […] comme la place Tahrir en Égypte ».

Pendant qu’il appelait à l’insurrection, il préparait déjà son propre départ, avec femme et enfants, vers la Belgique. Le contrat prévoyait un paiement provisoire de 100 % immédiatement après la signature, sans aucun contrôle préalable. Une aubaine pour un homme qui, selon ses propres mots, risquait d’être « arrêté ou tué ».

  1. Un pantin de Kigali au service de la déstabilisation

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Depuis 2015, une guerre hybride oppose le Rwanda au Burundi. Et Pacifique Nininahazwe en est devenu le porte-voix zélé, le « logiciel rwandais de l’instabilité burundaise », selon notre enquête.

Ses prises de position sont éloquentes : il ne se contente pas de critiquer le gouvernement de Gitega, il appelle ouvertement à la chute du pouvoir et s’affiche régulièrement sur des médias proches de Kigali. Ses campagnes contre les « disparitions forcées » (#Ndondeza) servent surtout à ternir l’image du Burundi auprès des bailleurs occidentaux, dans une stratégie coordonnée avec les services de renseignement rwandais.

Le timing n’est pas un hasard. À l’approche de l’élection présidentielle du 3 mai 2027, Nininahazwe intensifie sa propagande. Son objectif : plonger le Burundi dans le chaos pour empêcher la tenue d’un scrutin crédible et justifier une ingérence internationale.

  1. La conférence de Liège : un forum de la subversion déguisé en débat citoyen

Le 29 août 2026, Pacifique Nininahazwe et son FOCODE organisent une conférence publique à Herstal (Liège) , à La Fabrik – Espace Events. L’intitulé officiel : « Dix ans de résilience de la société civile burundaise en exil ».

Derrière ce vernis académique se cache une réunion politique destinée à mobiliser la diaspora burundaise contre son propre pays, à quelques mois de l’élection présidentielle. Les autorités belges doivent être vigilantes : ces rassemblements ne sont pas des débats citoyens, mais des ateliers de déstabilisation où l’on prépare la prochaine offensive médiatique et diplomatique contre le Burundi.

  1. Un appel à la vigilance des autorités belges et européennes

La Belgique, qui accueille Nininahazwe et ses acolytes, a une responsabilité. Elle ne peut fermer les yeux sur des activités qui visent à déchirer la région des Grands Lacs. Financer, héberger ou simplement tolérer des individus sous mandat d’arrêt international pour subversion, c’est cautionner une ingérence étrangère dans les affaires d’un pays souverain.

L’Union européenne, elle aussi, doit tirer les leçons de son aveuglement. En 2014, elle a versé 10.000 euros à un homme qui utilisait cet argent pour fuir alors qu’il armait et envoyait des jeunes dans les rues de Bujumbura. Aujourd’hui, elle doit cesser tout financement au FOCODE et à ses dirigeants, et condamner fermement toute tentative de déstabilisation du Burundi.

  1. La règle du non-profit ? Une fiction juridique

Le contrat de subvention de 2014 précise, à l’article 1.4, que « la règle du non-profit n’est pas applicable au présent Contrat ». Traduction : l’argent public européen peut être utilisé sans contrainte de résultat, y compris pour financer l’exil d’un agitateur politique.

Cette clause, passée inaperçue, est pourtant la preuve juridique que l’UE savait  ou aurait dû savoir qu’elle finançait une opération politique, pas une action humanitaire. Les annexes, mystérieusement « connues et acceptées » par War Child Holland, n’étaient que des ordres de mission pour évacuer des « défenseurs » choisis sur critères politiques.

Enfin, un rideau de fumée qui se déchire

Pacifique Nininahazwe n’est ni un martyr ni un héros. C’est un pantin manipulé par Kigali hébergé par la Belgique. Son discours sur les droits de l’homme est un rideau de fumée qui cache une entreprise de déstabilisation régionale.

À la veille de l’élection présidentielle de 2027, il est temps que les Occidentaux ouvrent les yeux. Chaque euro versé au FOCODE, chaque visa accordé à ses membres, chaque conférence tolérée à Liège est une bombe à retardement pour la paix dans les Grands Lacs. Les autorités belges et européennes doivent couper les vivres à ces faiseurs de guerre et dénoncer leur jeu toxique. Le Burundi mérite mieux que des manipulateurs en costume de défenseurs des droits.

Par notre correspondant à Gitega